Jacques CHANUT

Présidentde la Fédération Française du Bâtiment

Pourquoi pas nous ?

La France serait-elle un pays incapable de mener à bien des réformes structurelles ? Qui repousse sans cesse des adaptations pourtant indispensables à son développement dans un contexte de ralentissement économique et de concurrence mondialisée ? Les raisons de se poser de telles questions sont nombreuses car on voit bien les pesanteurs dont notre pays souffre, et ce numéro en recense un certain nombre qui concourent trop souvent à l'abandon des velléités de changement.

Pourtant, d'autres États membres de l'Union européenne ont montré la voie et mené à bien des réformes qui seraient tout aussi nécessaires en France, comme nous l'explique Thierry Mandon, le secrétaire d'État chargé de la réforme de l'État et de la simplification. La preuve est faite, en effet, qu'ailleurs on réussit à se réformer.

Alors pourquoi pas nous ? Les sondages montrent que les Français se disent prêts à accepter des pistes de réforme jusque-là considérées comme taboues : 71 % d'entre eux sont ainsi favorables à l'assouplissement des 35 heures dans certains secteurs 1 et à l'ouverture à la concurrence des professions réglementées, 56 % approuvent la réforme territoriale et celle du marché immobilier impliquant notamment la fin de l'encadrement des loyers, et 58 % soutiennent la réforme du marché du travail 2. L'opinion publique semble donc mûre pour des changements trop longtemps reportés. Tout comme les entreprises, qui ont appris à faire de leur aptitude au changement une compétence stratégique afin de s'adapter aux transformations rapides de leur environnement. Quant au gouvernement, il affiche une méthode, des projets et même du courage. N'attendons plus !

  1. Sondage LH2 réalisé en septembre 2014.
  2. Sondage Odoxa pour la revue Challenges, septembre 2014.
http://www.constructif.fr/bibliotheque/2014-11/pourquoi-pas-nous.html?item_id=3433
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