Quelle intelligence économique pour les PME ?

Auteur
Henri DOU
 
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Le titre peut paraître provocant, mais, l'intelligence économique, l'intelligence compétitive, les mutations des entreprises, l'accompagnement des changements, la gestion des connaissances, etc. Elles ont des racines communes ; elles peuvent être déclinées de manière très différentes. Nous souhaitons aborder, dans cet article, plusieurs facettes de l'Intelligence économique, pour présenter au lecteur différents aspects qu'il pourra, en fonction de son entreprise de ses objectifs et de sa spécificité, adapter le mieux possible. Cela nous amène à nous poser une question fondamentale: qu'est-ce que l'intelligence économique ? |
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| L'intelligence économique, quelques définitions | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Un des enjeux de lIE, pour de grandes entreprises mais aussi pour les PME (en Tout d'abord, qu'il nous soit permis de dire que le terme Intelligence économique, est une spécificité française, une exception dans le domaine. En effet, au niveau international, on comprend mieux les termes competitive intelligence pour intelligence économique et competitive technical intelligence pour veille technologique. En effet, le terme intelligence économique est difficile à situer, ou oriente les gens vers des sentiers tout à fait différents que ceux que nous voulons parcourir. Abordons différentes définitions de l'intelligence économique (nous utiliserons ce terme): Le tableau ci-dessous, extrait d'une interrogation de l'Internet à partir du moteur de recherche Google réalisée le 31 mars 2004 conduit aux résultats suivants: |
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| Impact de différentes expressions au niveau de l'Internet | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Programme systématique de collecte et d'analyse d'informations sur les activités des concurrents et les objectifs généraux de l'entreprise. Ceci pour réaliser les buts de celle-ci. (Larry Kahanner) Analyse de l'information sur les concurrents qui sont impliqués dans le processus de la prise de décision de l'entreprise. (Leonard Fuld) Connaissance et prévision du monde qui nous entoure - prélude aux décisions et actions du chef d'entreprise. (Jan Herring) Information qui garantie une prise de décision qui permettra à l'entreprise d'être compétitive. (Ben Gilad) Intelligence compétitive : Programme systématique, de traitement, d'analyse, de COMPREHENSION et de dissémination de l'information sur les activités des concurrents, des clients, les technologies et les tendances générales des activités de l'entreprise, visant à une prise de décision et à la réalisation des buts stratégiques de celle-ci. (Henri Dou, Gilda Massari Coelho) Intelligence technologique et compétitive (2) :Systèmes d'intelligence compétitive avec une forte composante de science et de technologie et leurs impacts sur les activités de recherche et de développement. (Henri Dou, Gilda Massari Coelho) On voit bien que dans la pratique anglo-saxonne, l'intelligence économique est focalisée vers l'entreprise et doit aboutir, in fine, à la création de richesses. Cela est à mettre en parallèle avec le concept français, où nous ne sommes plus en présence d'une intelligence économique pour l'entreprise, mais d'une intelligence économique d'Etat, qui en retombées plus ou moins organisées pourra être utile à l'entreprise. En ce sens le rapport Carayon(3) , qui a fait couler beaucoup d'encre dans le domaine, est instructif : "l'intelligence économique devrait être une vraie et grande politique de l'Etat à l'instar de ce que sont les politiques de santé, d'environnement et de fiscalité". |
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L'intelligence économique, une méthodologie et des outils adaptés |
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De la même façon que la taille des entreprises varie, de la multinationale à la PME voire la TPE, l'intelligence économique pourra se décliner de diverses façons en s'adaptant au contexte de l'entreprise. Il n'y a donc pas une intelligence économique, mais des intelligences économiques, avec un objectif unique : celui de permettra à l'entreprise de maîtriser et de comprendre son environnement (économique, technologique, international, concurrentiel, sociétal ), afin de créer des richesses en maîtrisant les menaces et en saisissant les opportunités(4) . Si on est d'accord avec cette définition, on peut en quelques mots préciser une notion simple d'intelligence économique, en la déclinant pas à pas :
Schéma du cycle de l'Intelligence On va ainsi, dans ce cycle, adapter les étapes en fonction de l'importance de l'entreprise, de ses orientations (économiques, technologiques ), des moyens matériels disponibles, etc. C'est en ce sens que l'intelligence économique est "modulable". Certes, l'esprit va rester le même, mais des adaptations seront possibles. N'oublions pas, que dans le cadre de l'analyse des sources d'information, trois sources sont à distinguer: les sources internes (souvent très importantes), les sources d'information formelles (par exemple, les bases de données scientifiques et techniques, les normes, les lois ), les sources d'information informelles dites sources humaines, faisant appel à des réseaux de personnes. Concernant les outils disponibles, pour faciliter la mise en place d'un système d'intelligence économique, nous distinguons plusieurs familles:
On constate ainsi que les entreprises, à des degrés divers, possèdent toutes des éléments susceptibles de commencer la chaîne de management, de traitement des informations. |
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Les trois niveaux d'intelligence (on pourrait dire de traitement et de compréhension de l'information) |
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Il est évident que l'ensemble des opérations d'intelligence économique sera plus ou moins élaboré suivant la taille de l'entreprise, les enjeux et les moyens mis en uvre. Généralement on distingue trois niveaux que nous allons indiquer avec chaque fois un exemple(8) pour permettre la compréhension par le lecteur.
On distingue bien ainsi les niveaux où, selon le type d'entreprise, se focalisera l'attention. Une petite PME, généralement focalisée sur le chiffre d'affaires à boucler en fin de mois sera centrée sur l'opérationnel. Si cette entreprise grandit, étend ses marchés, le niveau tactique sera alors nécessaire. Enfin, si elle souhaite se diversifier, affiner la vision de son devenir, le niveau stratégique s'imposera. Dans cette démarche, il est évident que chacun des niveaux concernés nécessite la connaissance des niveaux inférieurs. C'est cette différence de "vision", ce champ plus ou moins élargi des préoccupations qui va déterminer l'acuité de l'intelligence économique qui sera mise en uvre(9). Dans chacun des cas, les sources d'information seront différentes, le système de gestion et d'accès aux données sera modulé en fonction des implantations de l'entreprise, les experts chargés de comprendre les informations pour déterminer les niveaux de force, de faiblesse, de menaces et d'opportunités(10) seront de nature différente. |
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Les premières actions à mettre en place dans une PME |
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Pour commencer nous allons nous situer à un niveau basique. En effet, une entreprise, si elle est toujours active, a dû mettre en uvre des formes d'intelligence tactique variées pour survivre dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Il n'est donc pas question d'agir en donneur de leçons, mais au contraire en fonction de la situation présente afin "d'optimiser" certains aspects du recueil d'information, de l'analyse, du management, de la vision des experts, pour rendre l'entreprise moins vulnérable et plus "agressive". Pour cela on va se reporter au Guide des bonnes pratiques de la veille technologique en PMI et PME, issu des travaux du programme REVEIL de la Communauté européenne(11) , et extraire les dix commandements de base: 1 - Assurez-vous de la volonté et de la conviction des dirigeants de l'entreprise 2 - Analysez le niveau des pratiques informationnelles dans l'entreprise 3 - Analysez les mécanismes de diffusion de l'information dans votre entreprise 4 - Définissez et formalisez vos besoins en information 5 - Sensibilisez et impliquez le personnel concerné à la valeur de l'information 6 - Diversifiez vos sources d'information 7 - Exploitez systématiquement les sources d'information formelles 8 - Organisez la collecte de l'information informelle dans votre société 9 - Souciez-vous de la protection de vos informations 10 - Faites appel à des professionnels de l'information A partir de cette base, vous pourrez progresser rapidement. Pour la mise en uvre, vous pouvez procéder vous-même, ou mettre en place un AUDIT rapide avec un suivi léger du système. Lorsque celui-ci commencera à fonctionner, il faudra pour passer de l'information à la connaissance pour l'action, un groupe d'experts susceptibles de comprendre les informations en fonction des enjeux de l'entreprise, et formuler des réponses aux questions que se posent les décideurs, et/ou mettre en évidence les menaces et les opportunités. Cependant, dans les PME, on constate que souvent, le décideur est seul, sans trop de points d'appui(12) , il faut donc conforter sa situation. Pour ce faire de multiples actions ont été entreprises, depuis les syndicats professionnels en passant par des groupes de sous traitants, etc. Compte tenu de l'expérience acquise dans ce domaine, on constate que le regroupement de PME, pas nécessairement par secteur d'activité, mais par technologies complémentaires, par affinité de pratiques, par zones géographiques de vente, par région d'implantation physique est un gage de confort des actions, un catalyseur et un creuset d'idées et d'échange de bonnes pratiques. Mais il faut que les regroupements soient judicieux, et qu'ils soient animés, en effet la continuité est une condition du succès. Cependant, comme une animation physique est généralement lourde, il faut opter pour des systèmes mixtes faisant largement appel au virtuel et au travail coopératif délocalisé. Ceci va donc introduire la notion de plates-formes de création de connaissances partagées. |
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La création de connaissances partagées |
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Tout d'abord, je pense qu'il faut adhérer à un principe général, qui revêt un certain bon sens, mais qui n'est pas évident pour tout le monde:
Ainsi, rien ne sert d'accumuler de l'information si on ne fait rien d'autre que la stocker, sans organiser son utilisation. Rien ne sert de développer une grande bibliothèque si personne ne lit les livres, etc. Mais cette notion va plus loin, même si un individu, à titre personnel, lit et utilise cette information, il n'aura pas participé à une création de connaissance partagée, s'il ne peut pas remettre dans un contexte général de discussion, d'évaluation et de positionnement ce qu'il à acquis à partir de l'information qu'il a utilisée. Il faudra donc créer les conditions nécessaires à la mise en place dans l'entreprise, ou inter-entreprises, ou à l'intersection du monde économico-politique et des entreprises, les moyens de créer cette connaissance(14) . C'est l'objectif de différentes plates-formes informatiques (évacuons la notion de sécurité informatique: bien entendu il faut que les données et le système utilisé soient sécurisés, du moins à un certain niveau en fonction des enjeux et ceci sans paranoïa particulière, donc en restant objectif), plus ou moins élaborées et qui permettent la dissémination partagée de l'information, la gestion des personnes accréditées à travailler sur la plate-forme, les conditions d'accès, la publication de données, les discussions, gérer les travaux en cours, poser des questions, etc. On rejoint ici la notion de travail à distance, de "e-learning", etc.. Pour les personnes qui souhaiteraient avoir plus de détails sur ces questions nous leur conseillons d'accéder à la plate-forme Mayeticvillage(15) et de télédécharger le livre blanc sur le travail coopératif. Cette notion de connaissances partagées, de mise en uvre d'espaces virtuels ou physiques jouant le rôle de lieux d'échanges, devient de nos jours fondamentale. En effet, on ne peut pas tout régler par e-mail. Si ces derniers peuvent être utilisés pour de la conversation point à point, ou pour de la diffusion par liste d'e-mail, il est évident que la discussion multipoints qui sera générée dans un processus de discussion et de création n'est plus maîtrisable par le simple moyen du courrier électronique. Donnons un exemple : entre A et B on crée un seul lien, entre ABC on va créer 3 liens, entre ABCD on va créer six liens, etc. on voit ainsi que le nombre de liens, par exemple les contacts e-mail générés par une diffusion, vont augmenter de manière dramatique en fonction du nombre de personnes concernées. De ce fait, le système deviendra rapidement ingérable surtout si des fichiers à partager sont associés aux e-mail. Il faut donc organiser ces transferts et c'est en grande partie à cela que servent les plates-formes de travail coopératif et de création de connaissance partagée. Une expérience de plus de six années dans l'enseignement en "e-learning" d'une maîtrise à distance(16) de même que des enseignements en Indonésie et au Brésil, nous ont montré que la clef du succès étaient de bien posséder la maîtrise de ces outils à la fois pour dynamiser le groupe, mais aussi pour le faire travailler efficacement. Ce type d'outil pourrait très bien être utilisé lors d'actions de veille ou d'intelligence partagées par des consultants pour rester à moindre coût en contact avec les entreprises et pour "donner les piqûres de rappel nécessaires" et suivre les progrès réalisés. Enfin, un détail qui n'est pas sans importance, différents travaux menés par des spécialistes(17) ont mis en évidence que le travail d'un groupe d'experts était dynamisé et plus fructueux si avant les réunions une phase de diffusion de documents ciblés avec une période de discussion par échange électronique était mise en place(18) . |
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Le rôle du politique - L'intelligence territoriale |
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C'est un lieu commun de dire que l'emploi est surtout développé à partir des PME. La répartition des entreprises par taille, dans pratiquement toutes les régions du monde, montre que le nombre d'entreprises de faible taille est bien supérieur à celui des entreprises ayant un nombre de salariés important. C'est ainsi qu'en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, par exemple, environ 85 % des entreprises emploient moins de 10 personnes. Conforter ces dernières devient alors un enjeu important pour la Région. Jusqu'alors, les actions qui ont été menées dans ce sens ont été basées principalement sur des aménagements territoriaux (routes, bureaux, dessertes TGV, aéroports, téléphonie, hôtels d'entreprise) et depuis peu liaisons internet haut débit. Mais, sur le plan du territoire, l'intelligence économique commence à faire son chemin. Si au niveau national, elle est confortée par un haut responsable(19) , et par le choix de certaines régions pilotes, on ne peut pas toujours laisser à l'initiative de l'Etat son développement et elle doit être prise en charge par différents acteurs et sans exclusive, au niveau régional. On entre alors dans une thématique qui peut paraître éloignée de l'intelligence économique, mais qui pourtant en fait partie, c'est l'attractivité(20). Comment pourra-t-on faire ici ce qui n'est pas possible ailleurs ? Des exemples nombreux existent dans le domaine. Dans le Sud du Brésil, des régions comme Caxias do Sul ont choisi la devise: "les pieds ancrés dans la région et le regard tourné vers le monde". On a ici les bases d'un certain nombre d'actions d'intelligence économique qui devraient être impulsées par le pouvoir politique régional. Si on regarde rapidement l'évolution du monde durant les trente dernières années, on constate que les valeurs classiques: terre, capital, travail sur lesquelles était basée la société industrielle ne sont plus uniques et qu'une nouvelle valeur est venue s'ajouter à celles-ci: la connaissance, l'immatériel. Nous sommes entrés dans l'ère de la connaissance et celle-ci constitue de plus en plus un capital important pour les entreprises. C'est à ce niveau que l'action politique devrait être portée :
De tels programmes ne sont pas très difficiles à mettre en uvre et leur coût est relativement faible comparé aux investissements immobiliers ! Dans le même ordre d'idée, mais pour les entreprises (surtout pour les plus importantes), se pose le problème de la valorisation des cadres de plus de 50 ans, du fait de la pénurie de ces derniers due au déclin démographique qui va apparaître dès 2006. Diverses recherches et veilles se font dans cette direction. Un des enjeux est de faciliter une transition plus fluide entre activité et retraite. Des travaux, entre autres ceux du réseau TAEN (Third Age Employment Network)(22) en Grande-Bretagne, du groupe Veille et Echange en France(23) , conduisent à penser que la valorisation de ces personnes passe par l'utilisation de leur capital immatériel pour créer attractivité, innovation et créativité. |
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Le développement des sources d'information - L'Internet |
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On ne peut pas parler de veille, d'intelligence économique sans survoler rapidement les sources d'information. En effet, le développement de l'Internet, des bases de données commerciales dans le domaine de la science, des technologies, de l'économie, des informations de presse, etc. permet aux entreprises, voire aux particuliers de s'informer rapidement. Certes, ces informations ne sont pas gratuites lorsqu'on utilise des bases de données commerciales et les résultats doivent ensuite être interprétés ; mais ces bases sont si nombreuses et performantes qu'il faut tout de même réaliser en fonction des activités de l'entreprise quelques essais pour déterminer si cela vaut la peine de poursuivre. Pour cela des tests peuvent être faits à partir de bases de données commerciales accessibles via des serveurs comme Dialog(24) (le plus important) ou Questel-Orbit(25) . : il existe environ 1000 bases de données disponibles, ceci dans presque tous les domaines, qu'ils soient spécialisés ou généralistes. De ce fait, si une des bases vous donne satisfaction, vous économiserez un temps précieux. |
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Exemple d'analyse automatique |
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Cependant, pour les PME, le coût de telles informations peut devenir prohibitif et l'utilisation de bases de données gratuites est une solution intéressante. Ceci est particulièrement le cas dans le domaine de la propriété industrielle, non pas pour agir au plan juridique (qui est très spécialisé), mais pour utiliser des bases de données brevets comme "think tank", pour tester les idées, les inventions existantes, les domaines développés, les sociétés déposantes, les interactions entre domaines technologiques, etc. Nous donnerons un exemple simple à partir de la base de données des brevets Européens, Esp@cenet. Cette base de données est accessible via l'internet(26) . On peut soit travailler manuellement, mais le temps passé est trop important et même si la base de données est gratuite le coût pour l'entreprise restera élevé. Pour éviter cet inconvénient, nous utilisons un logiciel spécialisé qui permet en étant relié à l'Internet, d'accéder à la base de données, de poser les questions nécessaires à la recherche, puis de télédécharger les brevets, de constituer une base de données locale (qui peut être mise régulièrement à jour), et d'analyser automatiquement le contenu avec toutes les corrélations possibles. Une telle solution(27) permet avec une liaison à 512 Kbites (ADSL milieu de gamme) de traiter une question conduisant à deux cents brevets en une dizaine de minutes environ. Cela permet à n'importe quel individu ou entreprise de faire le point technologique quasi instantanément, de tester ses idées, le portefeuille d'un concurrent, etc. A titre d'exemple et pour introduire la notion de "clusters stratégiques", nous avons interrogé la base Esp@cenet sur les années 2003 et 2004, avec comme autres critères de sélection les brevets ayant une priorité de dépôt en France et la Classe internationale F41 correspondant au domaine technique des armes (weapons). Nous obtenons 214 brevets, qui peuvent être analysés de différentes façons. Par exemple, dans la figure suivante nous montrons le réseau des domaines technologiques (CIB(28) Classification internationale des brevets) qui lient les industries d'armement entre elles, et dans le tableau qui suit, les principaux inventeurs et leur appartenance aux sociétés avec lesquelles ils apparaissent dans les brevets déposés. Figure 1 - Cluster stratégique principales indutries
de l'armement et domaines technologiques de liaison pour les dépots
de brevets avec priorité en France |
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| Tableau des principaux inventeurs et des sociétés de rattachement | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Cette analyse ayant été obtenue (télédéchargement compris en moins de dix minutes), et les autres analyses étant immédiates (tous types de croisements, de matrices, de réseaux et d'histogrammes avec les champs documentaires disponibles dans les notices brevets), on constate le potentiel analytique d'un tel système. |
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L'information informelle |
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Nous allons rapidement traiter l'information informelle qui est obtenue via des personnes. On la nomme aussi information humaine (human information) par opposition à l'information formelle, information écrite (written information). Dans le domaine de l'intelligence économique, le développement de bons réseaux d'informateurs est important. Cela demande du temps, des déplacements, souvent la maîtrise de plusieurs langues (dont parfaitement l'anglais). Un réseau ou des réseaux doivent être gérés informatiquement, du moins pour les données principales (noms, adresses, e-mail, téléphone, dernier contact, où, pourquoi, etc.) et aussi pour visualiser les liens entre les personnes du réseau. Un gestionnaire de données classique permettra d'accéder aux informations de base, des logiciels spécialisés comme "The Brain"(29) , permettront de représenter et de gérer les informations relatives aux liens entre personnes. Il faut savoir, qu'animer un réseau demande du temps et la mise en place de stratégies de collecte particulières. Avant de passer à la conclusion de cet article reste à examiner l'Internet, souvent source d'information mixte, formelle lorsqu'on accède à des bases de données comme celles des brevets, mais informelle quand on a accès à des curriculum vitae, des publicités, des annonces, des forums, etc. Comme la croissance de l'information disponible sur l'Internet est exponentielle et qu'elle n'est pas contrôlée, il va se poser le problème de la recherche des informations, d'une part, et, d'autre part, celle de la validation des informations obtenues. Nous n'allons pas entrer dans les détails car il existe de nombreuses sociétés qui vendent des systèmes de recherche sur l'Internet. Nous conseillons simplement à ceux qui vont utiliser ce média, d'essayer de limiter les résultats des recherches en étant le plus pertinents possible, c'est-à-dire en utilisant toujours les moteurs de recherche en mode avancé ou expert. On pourra alors bénéficier de la recherche par opérateurs booléens, par données récentes ou par données de l'année, par langue, par domaine (edu, org, com, etc.), par pays (fr, br, etc.). Ainsi, avec un peu d'habitude, vous apprendrez à vous familiariser avec des approches de plus en plus précises qui vous feront gagner du temps. Si cependant le nombre d'URL détectées est trop grand, il faudra faire appel à des logiciels spécialisés permettant classement et filtrage des informations. N'oubliez pas nom plus les portails sur l'Internet, ce qui permet d'accéder à de nombreux URL pertinents. Vous pouvez constituer vous même vos portails ou utiliser des portails existants. Enfin, pensez que les informations dans l'Internet sont écrites dans différentes langues, et que pour rechercher ces informations il faudra utiliser la langue native. Cela va certes compliquer les recherches, mais dans certains cas, lorsqu'on travaille sur des zones géographiques précises, cela est indispensable. |
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Conclusion |
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Il n'est pas possible dans un article relativement limité d'exposer l'ensemble des problématiques liées à l'intelligence économique. Ce qui est cependant invariant c'est que la complexité s'accroît en permanence et qu'il faut essayer dans la mesure du possible de la maîtriser, de la comprendre, pour pouvoir agir à son avantage. Bien entendu nous n'avons pas pu aborder des domaines comme l'influence, la désinformation, etc. mais, pour nous résumer et pour aller à l'essentiel, on peut dire que l'intelligence économique devrait être un état d'esprit. Elle devrait promouvoir dans les entreprises les changements de modèles mentaux, le travail en réseau, les synergies entre entreprises, laboratoires de recherche, institutions d'Etat. Pour atteindre cet objectif, la formation à la fois sur les plans méthodologiques et techniques est nécessaire. Cela devrait entrer dans le domaine de la formation permanente, tout au long des trajectoires de carrière. Dans cette perspective, une meilleure utilisation des compétences des cadres seniors serait un complément intéressant, avec en même temps des incitations et programmes régionaux qui devraient être promus au plan politique. Ces actions devraient donner une large place à l'immatériel et au virtuel avec en même temps un maillage de l'espace régional, puis sa liaison au niveau national et international. Un autre point important concerne l'éthique : l'intelligence économique n'est pas de l'espionnage et bien que la compétition soit féroce, les termes de guerre économique, guerre de l'information sont à mon avis à proscrire. Le problème de l'éthique est particulièrement important dans une entreprise d'une certaine taille qui développe un service d'intelligence économique. On peut consulter à ce propos l' "espionage act" aux USA(30) , ainsi que différents travaux(31) publiés dans le domaine. Enfin, nous pensons que l'intelligence économique, couplée notamment à la veille technologique où à d'autres veilles plus spécifiques (risques, géopolitique, sociétale ) devrait permettre de répondre aux trois questions fondamentales que l'on s'est toujours posées et qui se poseront toujours: Où sommes nous? C'est l'état des lieux (penser à l'analyse SWOT). Où voulons-nous aller? C'est la vision du futur de l'entreprise (penser au consensus). Comment va-t-on y aller? C'est la prise de décision en fonction des concurrents, des évolutions de toutes natures, etc. |
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| (1)Les
travaux de ces différents spécialistes peuvent être
atteints via les sites Internet suivants: http://www.scip.org (Society for Competitive Intelligence Professional) http://www.fuld.com/ (Fuld & Company Inc.) http://www.academyci.com/About/gilad.html (Academy of Competitive Intelligence) |
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| (2)L'enseignement
de l'intelligence compétitive - Une expérience internationale,
Henri Jean-Marie Dou, Gilda Massari Coelho, Humanisme et Entreprise n°5, pp.1-23, 2001 |
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| (3)
"Intelligence économique, compétitivité et cohésion
sociale", Juin 2003. Accessible à la Documentation française: http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ catalogue/9782110054913/index.shtml |
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| (4) Positive Turbulence, Gryskiewicz S.S., Center for creative Leadership. San Francisco, Jossey-Bass Publishers, 1999 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (5)De
nombreuses méthodologies existent pour essayer dans la mesure du
possible de mettre en place des groupes de réflexion sur le futur.
A notre avis, les travaux de l'université des Nations unies dans ce domaine sont exemplaires. Plusieurs dizaines de méthodes sont exposées, avec la définition, le contenu, la mise en uvre, les avantages et les inconvénients. (Zwicky, Delphi, Charrette, méthodes participatives, Syncon, .) Millenium (2000) - The United Nations University, The millenium project, version 1.0 ISBN 0-9657362-2-9 CD-ROM Future Projects, Future Research Methodology. American Council for the United Nations University, 4421 Garrison Street, NW, Washington, D.C. 20016-4055 USA - http://millennium-project.org -Voice & Fax 202-686-5179 |
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| (6)http://www.matheo-software.com/ peut être consulté à titre d'exemple. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (7) http://www.temis-group.com/ peut être consulté à titre d'exemple. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (8)Une
partie des exemples est extraite d'une présentation en CD-Rom de
la société Cipher. http://www.cipher-sys.com |
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| (9)On
peut aussi appliquer cette distinction à la technologie : une entreprise
de soudure fabrique par exemple des réservoirs de bateaux. Pour cela
elle a besoin de réaliser des soudures. Le niveau tactique consiste,
en fonction de la tôle utilisée, des normes d'oxydation, des
contraintes de tensions, etc. à déterminer la manière
de souder (arc, type de soudures, etc.). Le niveau tactique sera de savoir par exemple si on utilisera toujours le même matériau, ici la tôle d'acier, mais ce pourraît être du plastique, des tôles en alliage différent, du tissu armé, etc. Enfin, le niveau stratégique pourraît être de savoir si le combustible utilisé sera toujours le même, si des normes n'imposeront pas des moteurs électriques, si le réservoir ne sera pas une pièce soufflée ou emboutie, mettant à l'écart le savoir-faire de l'entreprise dans ce domaine. |
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| (10)On fait référence ici à la méthode SWOT (Strength, Weakness, Opportunity, Threat) qui est simple à mettre en uvre et qui oblige l'entreprise à se situer sans complaisance par rapport à son environnement. http://www.valuebasedmanagement.net/methods_swot_analysis.html qui donne un bon exemple de diagramme SWOT. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (11)L'auteur
de cet article ayant participé à l'élaboration de ce
guide, il le tient gratuitement sous forme de fichier électronique,
à disposition des lecteurs qui en feraient la demande (henri.dou@wanadoo.fr)
Veille Technologique, Guide des bonnes pratiques en PME et PMI, Quazzotti S, Dubois C, Dou H, DGXIII-D-Programme Innovation ISBN 2-9599776-0-2 Ed CRPHT Esch-sur -Alzette, Luxembourg, 1999 |
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| (12)Innovation
Management Technology - Experimental approach for small firms in a deprived environment, Henri Dou, Jean-Marie Dou Jr, IMT News Special Issue, April 1, 1998 Le texte en format électronique peut être demandé aux auteurs henri.dou@wanadoo.fr ou http://www.imcsline.com |
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| (13)Voir
à ce propos http://www.cipher-sys.com:82/webcontent.nsf/2d85dc0392ae6b8885256da50069be84/ f6e3567fbcf7f62085256dc10055f616/$FILE/ATTL70RI/ Energy-utilities.PDF |
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| (14)http://www.developer.ibm.com/spc/vbrief/ciphbrf.htm plate-forme réalisée en collaboration avec la société Cipher | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (15)http://www.mayeticvillage.fr en français ou .com en anglais | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (16)http://ntide.u-3mrs.fr
Maîtrise Nouvelles Technologies de l'Information pour le Développement des Entreprises |
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| (17)Science and technology innovation, Ronald N. Kostoff, Technovation 19 (1999) 593-604 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (18)Database tomography for technical intelligence, Ronald N Kostoff, Competitive Intelligence Review 4, 1., 1999 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (19)Alain
Juillet a été nommé haut responsable chargé
de l'intelligence économique et il est rattaché au service du secrétaire général de la Défense nationale SGDN (décret du 31 décembre 2003, JO du 3 janvier 2004). |
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| (20)Au-delà de l'intelligence compétitive: l'attractivité, H. Dou, G. Massari Coelho, ISDM, novembre 1999, pp. 12-54 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (21)The IPTS report, Numéro spécial aspects de l'e-santé, European Commission Directorate General joint research centre, IPTS, n°81 - JRC - Séville, février 2004 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (22)http://www.taen.org.uk/ | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (23)E2DL Entreprise, Emploi et Développement local http://www.e2dl.com | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (24)http://www.dialog.com/ et consulter ensuite les dialog blesheets | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (25)http://www.questel.orbit.com/index.htm puis consulter la rubrique databases | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (26)http://www.european-patent-office.org/online/#databases
puis choisir esp@cenet (URL actif en mars 2004) |
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| (27)Matheo Patent est un des logiciels les plus performants dans le domaine. Le serveur http://www.imcsline.com donne accès à la description de ce dernier et à une version de démonstration gratuite utilisable immédiatement en ligne sur votre micro-ordinateur. Pour plus d'informations à ce sujet, consulter: La constitution d'indicateurs brevets par domaines technologiques, Clément Paoli, Henri Dou, Jean-Marie Dou Jr, Bruno Maninna, Bulletin de Documentation Belge, n°2, 2003 Stratégies d'influence - Cartographier les réseaux d'experts Intelligence Online N°473, 26 mars au 8 Avril, 2004, page 5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (28)http://l2.espacenet.com/espacenet/ecla/index/index.htm
pour accéder à la base de données en ligne de la Classification internationale des brevets |
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| (29)http://www.thebrain.com/
ce logiciel est un logiciel du type 'idea mapping", mais il a aussi l'avantage de permettre d'associer des informations à tous les niveaux du réseau. |
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| (30)http://www.economicespionage.com/EEA.html
Espionage Act, 1996, USA |
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| (31)Ethics
and Marketing Management : A Retrospective and Prospective Commentary, Lawrence
B. Chonko and Shelby D. Hunt, Journal of Business Research 50, 235-244 (2000) |
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