n°8 - Mai 2004

Avant-propos

Auteur
 Brigitte POUSSEUR   

Brigitte Pousseur
Directrice de la rédaction

 

Le concept d’intelligence économique est encore mal connu en France. Ambigu : il renvoie soit à l’espionnage soit à une méthode de veille concurrentielle apparentée à un marketing assez classique des grandes entreprises. Abstrait : la terminologie française est moins parlante que la formule anglo-saxonne de « competitive intelligence ».

Pourtant, l’intelligence économique commence à faire son chemin. à force de volonté au plus haut niveau de l’état. Grâce à une prise de conscience par les entreprises de la nécessité de se prémunir contre une concurrence devenue souvent internationale et parfois déloyale. « L’intelligence économique est un mode de gouvernance dont l’objet est la maîtrise de l’information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité de l’économie et des entreprises », résume Alain Juillet, nommé, en décembre dernier, Haut responsable chargé de l’intelligence économique auprès du gouvernement, quelques mois seulement après que le rapport du député Bernard Carayon eut alerté le Premier ministre sur la nécessité de répondre à la « guerre économique ».

Déclinée au niveau territorial, l’intelligence économique est aussi l’affaire des PME, comme le montrent les articles de Rémy Pautrat, Philippe Clerc et Frédéric Speziale, parfois même une question de survie pour les entreprises, comme l’expliquent, exemples à l’appui, les consultants Eric Denécé et Jean-Jacques Rechenmann. Elle suppose une acquisition de savoirs par l’entreprise, que précisent clairement Henri Dou et François Jakobiak. Mais aussi, sûrement, une évolution des mentalités françaises, qui pèchent souvent par excès de naïveté… ou de suffisance.

Les partenariats public-privé qui se nouent aujourd’hui pour développer de nouvelles attitudes d’alerte et de veille sur le terrain, la constitution de réseaux de partage d’information, des démarches de formation à l’intelligence économique, etc., doivent donc être suivis avec attention, même si certaines activités sont moins soumises que d’autres à la pression de la compétition internationale. Charge à chaque chef d’entreprise de bien définir ce que sont, pour lui, ses connaissances « vitales » et de les protéger.

Ce numéro de Constructif montre également que, si un changement des mentalités est nécessaire pour que les entreprises françaises jouent à armes égales avec leurs concurrentes étrangères en matière d’information, il en va de même pour l’état, les administrations publiques et les parlementaires en matière d’évaluation et de contrôle des politiques publiques…

 

 

::::::::::: www.constructif.fr - Imprimé le 17/05/2012 :::::::::::
Mots clés
 
Votre avis
 
Comment avez-vous connu Constructif ?
Par un ami
Par la revue papier
Par Internet
Autre