Ne pas oublier les territoires

Auteur
Jean VANOYE
 
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Apprendre tout au long de la vie est un véritable défi qui nous oblige à repenser ensemble formation initiale, formation continue, apprentissage et orientation. Mais aussi à relier tous ces processus au développement économique et social et à laménagement des territoires. Ce qui passe inévitablement par des stratégies spatiales, particulièrement régionales, les Régions encadrant une mise en uvre interactive de la formation au niveau local. Plusieurs évolutions récentes concourent à faire avancer la réflexion sur une question sur laquelle la France a du retard par rapport à d'autres pays européens : l'intégration de lapproche territoriale dans la politique de développement des compétences. Il s'agit de :
Pour progresser dans l'analyse, regardons les domaines appelant une intervention territoriale quil faut absolument concevoir comme complémentaire, et non concurrentielle, des stratégies nationales, de branches et d'entreprises. |
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| Un parcours régional ou local | ||
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Le parcours orientation/formation/emploi des individus : qui dit parcours dit paysage. Celui des opérateurs, voire des techniciens, est très largement régional ou local. C'est bien là que se résolvent le paradoxe difficultés de recrutement /chômage mais aussi la connexion si difficile entre l'offre des entreprises et la demande sociale. Cette maîtrise de la mobilité est un enjeu encore plus fort pour les salariés. Les chocs de la mondialisation et de l'élargissement de l'Europe remettent en question la pérennité des entreprises et des emplois. Face à cela, en plus des stratégies existantes, trois réformes sont nécessaires :
On sait aujourd'hui qu'une entreprise à elle seule ne peut apporter les garanties nécessaires, mais que cela peut être le cas de l'interentreprises de proximité ou de branches territorialisées. Un exemple : dans le contrat État-région Rhône-Alpes précédent, Medef et CFDT avaient envisagé un donnant-donnant entre accès rapide des jeunes au travail et garanties territoriales de promotion et mobilité. |
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| La logique territoriale des PME ou de lexclusion | ||
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Cette logique territoriale se retrouve aussi dans les évolutions des PME, leur travail en grappes, l'organisation du dialogue social au travers des commissions paritaires locales, mais également dans la responsabilité sociale des entreprises, qui est à la fois une politique volontariste et un investissement à retour (un environnement prospère, une qualité des territoires créent un milieu favorable à l'entreprise). Il en va de même pour la reconquête industrielle lorsqu'il y a dynamisme et projets des acteurs économiques, bonne réactivité à la mondialisation, capacité à répondre à la demande éphémère... Le rapport espace-temps, porté particulièrement par les femmes cherchant à mieux composer vie professionnelle, vie au travail, vie en formation et à créer des conditions satisfaisantes de transport et d'aide aux familles se trouve également au niveau territorial. |
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| Combler le retard sur lévaluation | ||
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Lutter contre le chômage et les processus d'exclusion passe aussi par le territoire. On le voit bien dans le partenariat service public de l'emploi/entreprises pour la mise en uvre des PARE et PAP. Face à l'interaction, chez les personnes les plus en difficulté, de la question de l'accès au travail avec les problèmes de santé, logement ou illettrisme, il faut des politiques régionales coordonnées, des programmes globaux de mobilisation locale jusqu'au quartier, jusqu'à la barre HLM. Le territoire se révèle également le champ pertinent où faire avancer la culture de l'évaluation (là aussi perdure un retard français) : évaluation des politiques publiques, des services publics, mais aussi évaluation des compétences. Les Régions, déjà aux commandes sur l'orientation, les bilans de compétences sont appelées aujourd'hui, de par leurs compétences, à appuyer la valorisation des acquis de l'expérience et son développement dans les entreprises en essayant déviter des systèmes trop complexes. |
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| Quelles locomotives ? | ||
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Reste enfin le chantier de la citoyenneté, de la démocratie participative, de la démocratie sociale. La citoyenneté individuelle du vote doit être complétée par une citoyenneté plus permanente et collective : celle des corps intermédiaires. La société civile doit prendre beaucoup plus de place et de responsabilités, et ainsi dépasser le jacobinisme du « tout au politique », même quand il est de proximité. Lidée avance dans l'espace régional et commence à prendre corps dans les conseils de développement des agglomérations et des pays. Il n'est plus possible d'en rester uniquement à un vote là où on dort, qui n'a rien à voir avec là où on travaille, là où on traite sa santé, là où on se cultive Territoires de projets, territoires apprenants, territoires citoyens font progresser négociation et contrat et reculer culture de mesures, de guichet, de sébile. Au-delà, ils apportent leur contribution à la question : « Quelles sont les locomotives aujourd'hui les plus pertinentes du développement économique et social ? » La tradition française (de Colbert à de Gaulle) donne ce rôle à l'État, aux grandes entreprises et aux centres de recherche. Ce qui sest traduit notamment par le développement des pôles de hautes technologies irriguant la création d'entreprises, vision qui n'est plus que partiellement pertinente. |
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| De nouveaux facteurs de progrès | ||
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Partir de la problématique de « l'attractivité du territoire » fait progresser les réflexions. Ainsi, dans les agglomérations où habitent 80 % des populations :
A contrario :
Autrement dit, une agglomération tirée uniquement par une locomotive « nouvelles technologies » est très fragile. Son atout, c'est la qualité globale prise comme élément fédérateur et structurant. Débattre et s'engager dans une stratégie territoriale, dans une vision et une organisation territorialisées du développement économique, c'est apporter une forte plus-value économique et une augmentation des richesses à partager. Cette approche s'appuie sur l'émergence de nouveaux facteurs de progrès :
Il s'agit, en somme, d'une vision qui intègre pleinement et de façon moderne l'économique et le social, en faisant de la promotion des potentiels humains, des qualités et diversités de l'emploi, de l'intelligence collective, de la démocratie participative et de la citoyenneté active, les moteurs du développement économique et social et de l'élévation générale du niveau des compétences. |
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