L’Europe : ses acquis, ses défis

Auteur
Etienne DAVIGNON
 
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A force de philosopher sur les lacunes de lintégration européenne, les remarquables réalisations des quarante dernières années sont perdues de vue. Celles-ci ne doivent évidemment pas plus dissimuler limportance de ce qui reste à accomplir que la signification du bouleversement déjà intervenu. |
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Un modèle unique |
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Larchitecture institutionnelle est unique en son genre : aucun autre groupement dEtats na osé aller aussi loin dans lacceptation dune compétence partagée portant sur des politiques essentielles. Cette construction repose sur trois organes :
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Des compétences déléguées aux institutions européennes |
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Confrontés à ce défi majeur, douze Etats de lUnion se sont engagés sur la voie de la cohérence économique et sociale pour que la monnaie unique soit une vraie expression de cette réalité économique. Pour gérer ce nouvel état de choses, le modèle fédéral a été à nouveau choisi : délégation de la politique monétaire à une banque centrale indépendante gérée par un comité auquel ne participent pas tous les membres de lUnion monétaire.
Cette politique de lUnion est novatrice :
Ces quatre exemples démontrent que, si lEurope nest pas une union politique classique, les décisions acceptées par les Etats membres ressortent au plus haut degré de la politique, puisquelles concernent des transferts de compétences du national vers lUnion européenne. Je conviens volontiers que ce qui reste à construire est sans doute plus important que ce que nous avons déjà réalisé, mais nous disposons dune rampe de lancement impressionnante. |
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| Questions européennes par nature | ||
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A mes yeux, le doute ne réside pas dans notre capacité technique à trouver des solutions et notre imagination créatrice en vue de réaliser des nouveaux progrès, mais bien dans lincertitude quaffichent des Etats membres à vouloir aller plus loin. Sur le plan de lanalyse, il est évident que les Etats, pris séparément, ne disposent plus de la capacité de régler certaines questions qui sont européennes par nature : la coordination des politiques économiques, lattitude vis-à-vis de limmigration, les problèmes nés du terrorisme, le maintien de la solidarité sociale. Par ailleurs, la capacité de lEurope à faire entendre sa voix au plan international suppose quelle souhaite en avoir une. Persuader les Etats-Unis de rester fidèles au modèle multilatéral créé après la guerre de 1939-1945 suppose quils y trouvent leur intérêt et quils considèrent lEurope, non comme une menace, mais comme un interlocuteur partageant les mêmes valeurs. Cela suppose une action concrète notamment dans le domaine de la défense et non des incantations désabusées. |
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| Enjeux de la Convention | ||
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A la veille de son élargissement, la future Union doit choisir sa voie. Cest tout lenjeu de la Convention qui poursuit actuellement ses travaux. On y retrouve tous les périls connus : la nostalgie des pouvoirs historiques de certains Etats, le conservatisme hostile à toute novation, les incertitudes des futurs Etats membres à légard dune architecture institutionnelle quils nont pas pratiquée. Mais peut-on croire que des dirigeants et des peuples qui ont su créer une zone de paix, de stabilité et de démocratie, hésitent à faire de ce « Vieux Continent » une source dinspiration et de confiance pour leurs peuples réconciliés et fiers dêtre devenus enfin Européens ? Le vieil Européen que je suis, qui a vu tant dopportunités négligées sans pour autant que la marche en avant ait été véritablement entravée, est convaincu quune fois encore nous trouverons linspiration pour poursuivre la mission que les pères fondateurs nous ont léguée. Sans abuser des mots, il sagit là vraiment dune responsabilité historique. |
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