n°5 - Juin 2003

Editorial

Auteur
 Brigitte POUSSEUR   

   

Dans moins d’un an, le 1er mai 2004, l’Union européenne comptera vingt-cinq membres. La novation de cet élargissement ne réside pas tant dans son ampleur – encore que la population de l’Union passera de 378 à 450 millions d’habitants – que dans la nature même des entrants. Huit d’entre eux(1) sont en effet d’anciens pays communistes, qui vivent depuis la chute du mur de Berlin une transformation radicale de leurs structures économiques, sociales et politiques et doivent déployer de très importants efforts pour satisfaire aux exigences qui leur ont été fixées pour entrer dans l’Union européenne. La ministre polonaise des Affaires européennes, Danuta Hübner, insiste d’ailleurs sur le sérieux avec lequel son pays s’est préparé pour ses « retrouvailles » avec l’Europe.


Brigitte Pousseur

Directrice de la rédaction
 
 


Cet élargissement à des pays au niveau de vie sensiblement inférieur au nôtre ne manque pas de susciter des craintes,
d’abord dans les domaines économique et social, comme le rappellent notamment Evelyne Pichenot et Christian de Boissieu. Mais ils remarquent aussitôt que les opportunités sont plus importantes que beaucoup d’observateurs ne le pensent, suivant ainsi les conclusions du rapport de l’ancien Premier ministre néerlandais, Wim Kok.

Il est clair en effet qu’un certain consensus se retrouve dans les pages qui suivent pour aborder avec optimisme l’avenir de cette Europe une nouvelle fois élargie, forte de ses acquis, de sa culture et de son identité, mais aussi de sa prospérité et de son espace de paix, comme on l’observe des deux côtés du Rhin. Que cet optimisme émane d’Européens convaincus comme la ministre française, Noëlle Lenoir, Etienne Davignon ou Alain Lamassoure n’étonnera pas. Mais ces Européens-là ne se dissimulent pas que le chemin de l’Europe politique est encore long. Et sans doute écouteront-ils l’avertissement du philosophe André Glucksmann, pour qui « l’Europe court le risque de s’encoconner dans son bonheur d’exister à huis clos, oubliant combien l’histoire est tragique. »

Après avoir abordé un sujet aussi important que l’Europe d’aujourd’hui et demain, évoquer la dynamique du mécénat et des fondations pourra sembler secondaire. Pourtant, il serait injuste de mésestimer l’impact sur la société de ces formes de « partenariats d’intérêt mutuel », pour reprendre les termes de Jacques Rigaud. Au moment où le législateur renforce ses incitations au développement des fondations, porter son regard sur ce que font certaines d’entre elles, en France, mais aussi aux Etats-Unis, doit nous faire réfléchir à ces formes nouvelles de générosité.

   
 

(1) C’est-à-dire, la Hongrie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie. Les deux autres nouveaux venus sont Chypre et Malte.

   
   
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