Maintenir au travail les enfants du baby boom

Auteur
Bernard QUINTREAU
 
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Les premiers enfants du baby boom cette déferlante dont les entreprises ont pu bénéficier à partir des années soixante, en termes quantitatifs et qualitatifs doffre de travail ont aujourdhui 55 ans. Plus des deux tiers des salariés de cette génération quittent leur emploi, ou en sont exclus, avant même lâge de la retraite. Le renouvellement de la population active nétant plus garanti à la fin de cette décennie, cest bien cette génération, nombreuse, qui devra continuer à assurer à la fois la pérennisation des régimes de retraite et le maintien de la croissance. Cette situation sans précédent peut être une chance si elle permet de mettre en uvre, à tous les niveaux, et notamment à celui des entreprises, des politiques de gestion des ressources humaines qui intègrent enfin une gestion prévisionnelle des âges permettant à toutes les générations de salariés, y compris les plus vieux, dexercer leur travail dans les meilleures conditions possibles. |
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La situation de la démographie au travail est maintenant bien connue, du moins sur un plan général : la France se situe parmi les derniers pays européens en ce qui concerne le taux demploi des salariés de 55 à 59 ans (48% contre 52% en moyenne européenne), alors quelle est au-dessus du niveau européen pour ceux de 50 à 54 ans (75% contre 70%). Tout se passe comme si une cloison invisible interdisait le maintien en activité après 55 ans, comme si le salarié devenait subitement improductif, incapable de se former et de sadapter, comme si la seule solution était une préretraite amorçant une retraite qui sera de plus en plus longue. |
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Les objectifs européens dans ce domaine sont également précis : le sommet de Lisbonne en 2000 avait fixé à 70% le taux demploi moyen à atteindre en 2010, celui de Stockholm en 2001 à 50% pour les personnes de plus de 55 ans. Cela sinscrit bien évidemment dans les perspectives européennes de plein emploi de qualité et de formation tout au long de la vie. |
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Les positions des organisations demployeurs et de salariés, enfin, sont maintenant affirmées : les débats au sein du Conseil économique et social ont permis de dégager un très large consensus sur la nécessité du maintien au travail des salariés dits âgés et sur celle dun plan daction national sur le sujet. |
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Mettre en uvre une gestion prévisionnelle des âges |
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Reste maintenant à sensibiliser et à mobiliser les entreprises, mais aussi les salariés eux-mêmes. Ce sera une tâche longue et difficile, car cest une véritable culture du départ anticipé qui sest installée depuis plus de vingt ans, et sa remise en question doit se concrétiser dans un délai beaucoup plus court |
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De fait, cest le lourd héritage dune gestion de lemploi par les âges que nous devons prendre en compte pour le remettre en cause : labondance même de la main duvre du baby boom a pu permettre un traitement de lemploi largement quantitatif, reposant sur lexclusion des plus anciens et les difficultés daccès des plus jeunes, le tout apparemment justifié par le manque dexpérience des uns et lobsolescence des compétences des autres. |
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Cette approche par la négative, par un déroulement du marché du travail, donc des trajectoires des individus, reposant sur les insuffisances supposées dune partie des salariés, devra être totalement remise en question dans les prochaines années. Lorsque lon considère que les ressources propres à chaque génération sont loin dêtre connues et valorisées, y compris en lien avec la productivité, nous avons ici un chantier passionnant et indispensable. Le problème essentiel napparaît plus comme étant celui de lâge, mais celui du travail et de son enrichissement par une meilleure gestion des âges. |
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Même si, comme nous le verrons, des initiatives au niveau national sont indispensables en termes dimpulsion et daccompagnement, lessentiel est dans lentreprise, là où il est possible dappréhender concrètement la réalité des métiers et de leur évolution, ainsi que les possibilités de chaque salarié. |
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Trois orientations devraient constituer le fil rouge
de cette nouvelle conception de la gestion des ressources humaines, déjà
en uvre dans un certain nombre |
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Anticiper le vieillissement |
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Aborder les changements à opérer pour prendre en compte les perspectives démographiques dans les entreprises conduit à poser une question redoutable : pourquoi, dans une période où lon est vieux de plus en plus tard, se sent-on, dans le travail, vieux de plus en plus tôt ? Au-delà de sa formulation, cette interrogation na rien dune boutade : le « sentiment de fin de vie professionnelle » (Eléonore Marbot) est une réalité, précoce, pour de nombreux salariés. La culture bien intégrée des départs anticipés, produit ses effets bien avant le moment du départ : voyant leurs aînés partir en préretraite, les jeunes quinquagénaires commencent un compte à rebours où leur avenir ne se dessine déjà plus dans lentreprise. Cela est aggravé et alimenté par une gestion non optimisée des dernières années de la vie professionnelle, voire de ce quon appelle la seconde partie de carrière, à partir de la quarantaine. |
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Différentes enquêtes montrent en effet que cest souvent à partir de 40 ans que les difficultés au travail commencent vraiment à se manifester. Le changement accéléré des produits et des services et lhétérogénéité croissante de la demande obligent à une gymnastique intellectuelle que de longues années de travail parfois répétitif ainsi quune formation initiale de plus en plus éloignée nont pas appris à mettre en uvre. On ne résoudra pas la démotivation au travail en ciblant uniquement les salariés dits âgés, ceux qui atteignent 55 ans aujourdhui et pour lesquels des formes de départ progressif paraissent souvent être la meilleure solution, si lon veut éviter des départs anticipés massifs. |
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Connaître et analyser les réalités |
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Les efforts les plus importants doivent être consacrés aux salariés à mi-carrière, ne serait-ce que pour une raison bien simple et pleine de bon sens : cette génération devra assurer le retournement démographique de la fin de la présente décennie et il est peu probable, tant pour le maintien des régimes de retraite que pour la croissance, quils puissent quitter le marché du travail avant lheure. |
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Comment mettre en uvre une telle politique dont le caractère principal est lanticipation ? Notons dabord quun certain nombre daccords Cats (cessation anticipée pour certains travailleurs salariés) associent déjà, avec laide de lEtat, les départs anticipés à une gestion prévisionnelle des âges portant précisément sur cette population à mi-carrière. |
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La première démarche à effectuer est bien évidemment davoir la connaissance la plus précise possible des âges, des métiers exercés et de la façon dont, aux différents âges, les salariés appréhendent et exercent ces métiers. On ne vieillit pas de la même façon et au même moment lorsque lon est cadre, agent de maîtrise ou opérateur. Trois niveaux dobservation sont à privilégier : la branche professionnelle, le territoire (région et bassin demploi) et lentreprise. |
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Lessentiel, à ce dernier niveau notamment, est de partir de la collecte, auprès des salariés, dinformations sur les évolutions quils perçoivent et anticipent dans leurs propres métiers. Cela doit permettre, en complément de travaux plus quantitatifs (pyramides des âges ), danalyser les liens entre le vieillissement et le travail, de prévoir des aménagements mais aussi de faciliter la transmission des compétences entre générations. |
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Une aide méthodologique est indispensable pour les petites et moyennes entreprises, en sachant quun regroupement des réflexions et des moyens est judicieux dans le cadre de la branche ou de la zone demploi. La mise en place ou la réactualisation des CEP (contrats détudes prospectives) devraient systématiquement intégrer cette démarche dobservation. |
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| Placer le travail au cur des changements | ||||||||||||
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Cette meilleure connaissance des métiers et des aptitudes des salariés en fonction de leur âge doit permettre, par lanalyse concrète des situations de travail, dengager des politiques dorganisation du travail et de ses conditions qui prennent en compte, de manière anticipée, le vieillissement. Les salariés âgés ne travaillent pas moins mais différemment des plus jeunes, ils mettent en place des stratégies individuelles leur permettant de rester performants à leur poste de travail. Cette volonté de travailler autrement, de pouvoir bénéficier de marges de manuvre, nest que rarement prise en compte. En effet, les compétences réelles des « vieux » salariés sont sous-estimées ou méconnues parce que ne pouvant sexercer à cause dune organisation du travail où la dimension de lâge est ignorée. |
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En partant du principe, et du constat, que les conditions de travail peuvent aggraver les déclins liés à lâge ou les éviter, les améliorer est un facteur essentiel de maintien des salariés vieillissants, mais permet aussi dempêcher la dégradation progressive de la santé des plus jeunes. Cela nécessite dassocier les salariés eux-mêmes à la conception des postes et de lorganisation du travail. Une meilleure adéquation entre lâge et le travail doit bien évidemment intégrer, si lon veut éviter la mise en place d« emplois-vieux » et leur stigmatisation, le développement de la complémentarité entre générations dans les collectifs de travail. |
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| Refonder la formation | ||||||||||||
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Lexclusion progressive des salariés âgés du marché du travail repose également sur leur insuffisante participation aux actions de formation. Celles-ci concernent très peu les personnes de plus de 45 ans, et les concernent dautant moins quelles sont sorties de lécole très jeunes et ont un niveau de qualification peu élevé. Nous avons ici la conjonction de trois résistances. |
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Pour surmonter de telles pesanteurs, la question du rapport entre lâge et la formation doit être posée sous deux angles indissociables : |
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Cette approche permet déviter de focaliser sur les seuls salariés âgés et sur leurs insuffisances réelles ou supposées. Au moment où la validation des acquis de lexpérience entre dans les faits, cette population ne peut être, a priori, considérée comme déficitaire en savoirs. Les compétences acquises par lexpérience des plus anciens sont complémentaires des savoirs plus théoriques des plus jeunes. Cest dans ce cadre que les actions de formation devraient être envisagées, à partir de ce que les uns et les autres peuvent apporter à lentreprise et à lépanouissement personnel de chacun. |
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Elargir les recrutements |
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Le vieillissement de la population salariée aura également des conséquences importantes sur les politiques de recrutement, notamment dans certains secteurs comme le Bâtiment et les Travaux publics où la Dares (Direction de lanimation, de la recherche, des études et des statistiques du ministère des Affaires sociales), après avoir constaté une baisse du nombre demplois de 1990 à 2000, prévoit une augmentation dici à la fin de cette décennie. Trois éléments doivent être pris en compte : |
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Les tensions déjà existantes sur le marché du travail risquent fort de se développer, et ce dautant plus que la conjoncture économique retrouverait son dynamisme. Certaines régions dont la démographie a déjà anticipé ce vieillissement auront des difficultés à assurer leur avenir si nous restons sur un taux demploi moyen qui reste faible (62% de la population de 15 à 64 ans), avec, comme nous lavons vu, un effondrement après 55 ans. |
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Favoriser les trajectoires professionnelles |
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En même temps que se mettront en place des actions permettant le maintien dans lemploi des salariés dits âgés, devront donc être envisagées des politiques visant à lélargissement des recrutements : la féminisation accrue dun plus grand nombre demplois, laugmentation du nombre de formations en alternance, à tous les âges, le retour sur le marché du travail des chômeurs de plus de 50 ans comme le développement de formes innovantes demplois (groupements demployeurs, emplois à temps partagé) apparaissent comme des priorités pour répondre aux enjeux démographiques comme à la nécessité de restaurer la cohésion sociale. |
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Réconcilier, lorsque cela est nécessaire, les salariés avec le travail, et assurer leur motivation jusquau moment du départ en retraite, apparaît donc bien comme le principal enjeu posé aux entreprises pour ces prochaines années. Les différents leviers énumérés ci-dessus et qui peuvent répondre à ce défi convergent vers une notion globale qui est celle de la trajectoire professionnelle. Celle-ci, menée par le salarié, dans et avec laide de son environnement professionnel, doit lui permettre dentretenir son employabilité et, pour ce faire, de lier travail, acquisition et reconnaissance de compétences, mobilité professionnelle, formation. Un travail répétitif pendant de longues années et une absence de formation aboutissent nécessairement à un désir de départ avant lheure. Cest pourquoi il importe de mettre en place les moyens de mieux gérer ces trajectoires professionnelles. |
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Des initiatives dentreprises sont déjà en cours en ce sens, dans le cadre de politiques globales de gestion prévisionnelle des âges : certaines ont commencé à expérimenter des bilans pour leurs personnels à des phases-clés de leur vie professionnelle (par exemple tous les dix ans) afin de les aider à anticiper des changements professionnels tout en les sécurisant. |
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De fait, le minimum envisageable dans ce cadre serait un bilan à mi-carrière, un droit du salarié autour de la quarantaine, lui permettant denvisager sa seconde partie de carrière autrement que comme linéluctable glissement vers la préretraite. |
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| Assurer les transitions | ||||||||||||
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Dans le cadre de la mise en uvre de ces trajectoires professionnelles, les phases de transition jouent un rôle essentiel : périodes de bilans, périodes de formation, périodes délaboration de choix professionnels, elles permettent précisément au salarié dadapter son projet à lenvironnement économique. Elles lui permettent aussi des moments de « respiration » facilitant son maintien en activité. |
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Plus spécifiquement, il est une transition que les entreprises devraient davantage développer : il sagit de la transition de lactivité salariée à la retraite. Aujourdhui, ce passage, que ce soit à 55 ou à 60 ans, est brutal. Il est parfois catastrophique, en termes de santé, pour ceux qui partent, même sils lavaient demandé ; il est souvent préjudiciable à lavenir de lentreprise, qui perd du jour au lendemain une partie de sa mémoire vivante et de ses compétences sans que la transmission ait été assurée. Des départs progressifs, pour lesquels il existe des dispositifs publics, permettent déviter ces écueils. Ils donnent la possibilité aux salariés concernés dexercer un travail moins intensif et permettent de faire partager leur expérience tout en préparant leurs futures activités. |
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| Engager un plan national daction | ||||||||||||
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Sur tous les thèmes que nous avons énumérés ci-dessus, des expérimentations sont en cours, à linitiative de territoires, dentreprises ou de secteurs professionnels. Le programme « Ages et travail », initié dans le cadre du projet européen « Equal » par la Fédération française du Bâtiment et lAfpa entre dans cette logique. |
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A lexemple dautres pays européens comme la Finlande, il serait maintenant nécessaire, à la fois pour capitaliser les actions en cours et pour donner limpulsion que mérite cette question, dengager un plan daction national, associant lEtat, les organisations demployeurs et de salariés, et les conseils régionaux. Des propositions ont été faites en ce sens, rappelons-le, tant par le Conseil dorientation des retraites que par le Conseil économique et social. |
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Il nous reste peu de temps avant le retournement démographique de la fin de cette décennie, et le délai est encore plus court pour certaines régions et certaines professions. Il nous reste juste le temps de mettre en place les moyens dassumer cette échéance, dautant quils apparaissent comme allant à contre-courant dune culture dominante, celle des départs anticipés. |
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Il serait dommage que les débats, négociations et décisions nécessaires et à venir sur les retraites occultent le thème de la gestion des âges au travail. A quoi servirait une réforme des retraites dans un contexte où perdureraient des départs anticipés massifs ? |
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Les entreprises, comme dailleurs les administrations, ont donc une immense responsabilité, celle de réhabiliter les salariés dits âgés. Ceux-ci constituent souvent aujourdhui la dernière ressource à laquelle on fait appel, et la première dont on fait léconomie, et ce quel que soit le niveau de qualification ou de responsabilité. Nous savons quune amélioration ne découlera pas automatiquement dun changement de conjoncture, ni des évolutions démographiques, ni même des pénuries prévisibles de compétences. A la conjonction daides et de moyens, engagés de façon consensuelle pour faciliter les départs anticipés, devrait être substituée la même conjonction, avec un objectif totalement opposé. |
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Les perspectives démographiques peuvent permettre de relancer des débats et dimpulser des initiatives sur des sujets aussi importants que le travail et la formation. Ce ne sera pas le moindre de leur mérite. |
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