L’amélioration de la rentabilité de l’immobilier par la TVA à 5,5 % dans le logement

Auteur
Bernard COLOOS
 
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Lobsolescence liée au temps et à lusage népargne pas limmobilier dhabitation. Elle conduit à une dépréciation du bien que seuls des travaux contrecarrent. Or ces travaux permettent souvent une amélioration sensible de la rentabilité de ce bien immobilier. La mesure étendue à la TVA à 5,5% sinscrit dans cette action. |
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La TVA occupe une place primordiale (un peu plus de 40%) dans les recettes fiscales de lEtat. Ce constat et les engagements européens expliquent tout à la fois les difficultés, pour les pouvoirs publics, à modifier les règles du jeu et les convoitises suscitées en raison des enjeux financiers associés. |
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Force est cependant de constater que cette rentrée fiscale na pas le même impact sur tous les secteurs de léconomie. La décision dune expérimentation de la TVA à 5,5% dans le domaine des travaux dentretien du logement, pour une période allant du 15 septembre 1999 au 31 décembre 2002, en constitue une parfaite illustration. Le choix du Bâtiment comme cible ne doit rien au hasard. Plusieurs de ses spécificités ont eu une influence cruciale sur la décision. A ce titre, on peut citer : |
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Or une baisse ciblée nest utile et possible que pour les secteurs très intensifs en main-duvre, très concurrentiels (faute de quoi la baisse de la TVA risque daccroître les rentes de monopole) et pour lesquels la demande finale est fortement élastique au prix. Cela est dimportance puisque lexpérience suggère que toute mesure sectorielle contient un risque substantiel dextension du champ au-delà de ce qui est justifié en termes defficacité relative. Cela conduit à réserver lutilisation dinstruments ciblés, comme les baisses de TVA, à des biens et services pour lesquels une telle approche peut être fondée en raison de spécificités avérées (notamment concurrence de léconomie informelle). Dans les autres cas, la priorité en matière de politique de lemploi devrait rester aux instruments agissant directement sur la demande de travail. |
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Les difficultés dun chiffrage |
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Les travaux réalisés sur le logement existant sont soumis à la concurrence de léconomie « informelle » (cf. encadré) qui se dérobe par nature à linvestigation statistique et à la quantification précise. Il en va de même de la fraude et de lévasion fiscales. Un chiffrage complet des effets du taux réduit de TVA impose pourtant une quantification de ces éléments, sachant que dautres éléments perturbateurs compliquent encore lexercice. |
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En premier lieu, il faut citer le faible nombre dobservations disponibles sur le passé, concernant les travaux sur le parc existant. Si la construction neuve fait lobjet dun recensement permanent depuis plus de cinquante ans, les données sur le secteur de lentretien remontent à la création du baromètre de lentretien : en 1993 pour le logement et en 1994 pour le non-résidentiel. Une période dobservation aussi courte nuit aux tests économétriques de mesure dimpact de la TVA à 5,5%. |
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En deuxième lieu, il y a les conséquences de la tempête de la fin de lannée 1999. Les sociétés dassurance nont pas pu, de fait, dissocier le coût global entre les différents postes de dépenses. En économétrie, il est plus difficile de chiffrer un choc transitoire quune modification profonde du marché. |
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Enfin, le recul manque sans doute pour estimer avec certitude leffet dune mesure de caractère structurel dont la montée en puissance nest pas achevée. |
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Les premiers résultats estimés |
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Il y a, aujourdhui, un peu plus de deux années que la mesure est entrée en vigueur. Malgré les difficultés mentionnées, on peut tenter den tirer un premier bilan. |
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En premier lieu sur lévolution des prix. De fait, de nombreuses craintes ont été émises à ce sujet, aggravées par la coïncidence, en termes de calendrier, entre date de mise en place de la TVA à 5,5% et survenance de la tempête de la fin de lannée 1999 qui a accentué les tensions préexistantes sur lappareil de production. |
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Les chiffres disponibles en matière de prix invalident
de telles craintes. La baisse de la TVA fut bien répercutée
sur la clientèle. Sur lannée 2000, la hausse des prix
(+ 4%) a été pratiquement équivalente à celle
des coûts(1) (3,5 à
4%). Certes, au cours du premier trimestre 2001, la hausse sest
un peu accélérée(2)
(+ 4,5% en glissement annuel) mais depuis, une décélération
est intervenue. Au deuxième semestre, la hausse se situe à
3% en rythme annuel par rapport au premier semestre, chiffre à
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En second lieu sur les aspects activité et emploi. A cet égard, distinguer effet économique, effet tempête et effet TVA se heurte à de nombreuses incertitudes et difficultés techniques. Tous les tests économétriques effectués à ce jour touchent leurs limites du fait de deux contraintes : un système dobservation sur lentretien trop récent et une relative instabilité des tests effectués. Les deux sont dailleurs en grande partie liés. Le test le plus vraisemblable sur le plan économique conduit néanmoins à un supplément de travaux sur deux années pleines de 2,5 milliards deuros ayant conduit à la création de 50 000 emplois dont 30 000 emplois directs (20 000 en 2002 et 10 000 en 2001). |
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| Ce supplément net résulte de trois effets conjugués : | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Cette évaluation de limpact de la mesure TVA à taux réduit doit sapprécier pour ce quelle est : un film dont la chute reste à écrire. En particulier, il faut rappeler que la mesure fut mise en place dans un contexte de tensions sur les capacités de production, tensions qui demeurent très vives au premier trimestre de lannée 2002. |
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Sa montée en régime devrait donc se poursuivre au cours du deuxième semestre 2002 et sur lannée 2003 sous leffet dune nette détente des tensions des capacités de production. On devrait alors sorienter progressivement vers un supplément annuel de travaux de plus de 1,5 milliard deuros générant environ 30 000 emplois directs par an, soit 50 000 en y incluant les effets induits. Ce chiffre, que seul le temps validera, si cette mesure est pérennisée après fin 2002, suffit à lui tout seul à démontrer à la fois lampleur des effets et les enjeux de cette mesure pour le secteur du bâtiment. |
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| (1) Selon
lindex BT 01 du ministère de lEquipement. (2) Selon lIPEA, indice des prix entretien amélioration du logement du ministère de lEquipement. (3) Ignorer ce facteur reviendrait à supposer labsence totale defficacité de ces mesures. (4) « Léconomie souterraine dans les comptes nationaux », Willard Jean-Charles, Economie et Statistiques n° 226, novembre 1989, p. 35 à 51. |
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