Revenir à des règles simples et durables

Auteur
Gildas de KERHALIC
 
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Pour le notaire, linvestissement immobilier souffre dune série de mesures ponctuelles ou dérogatoires. Cest pourquoi il plaide pour la fixation de règles claires, simples et pérennes. |
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Je leur explique quils ne devraient pas avoir un patrimoine seulement immobilier. Un patrimoine équilibré ne comprend pas plus de 50 % dimmobilier, le reste étant constitué de produits dassurance vie (la France est un véritable eldorado dans ce domaine !), et de produits financiers, actions, Sicav ou autres |
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La fiscalité ne ly autorise pas. La sécurité du placement nest pas assurée en raison du risque de non-paiement des loyers. Enfin, ce nest pas un placement liquide ; il nest pas immédiatement réalisable si vous avez besoin dargent. |
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Dabord la taxe foncière : selon une enquête menée par lUnion nationale de la propriété immobilière, cest la taxe qui gêne le plus les propriétaires parce quelle augmente en permanence et plus fortement que les autres taxes locales et quelle paraît lourde aux petits propriétaires. |
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Ensuite, la fiscalité nationale. La contribution sur le revenu locatif (lancienne taxe additionnelle au droit au bail), si elle se justifiait quand son produit était affecté à lAgence nationale pour lamélioration de lhabitat, est très mal vécue aujourdhui par les propriétaires. |
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Quant au taux de la déduction forfaitaire des revenu fonciers, à lorigine, il permettait lamortissement du bien immobilier ; maintenant ce nest plus le cas. |
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| Supprimer la contribution sur le revenu locatif | ||
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Il faudrait supprimer la contribution sur le revenu locatif et accroître le taux de déduction des revenus fonciers. |
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Oui, cest une bonne mesure, la reconnaissance par Bercy que les propriétaires immobiliers ne possèdent, le plus souvent, quun ou deux biens dont ils tirent des revenus assez faibles. De plus, quand on procède à un investissement immobilier, on sengage pour une très longue durée. Les pouvoirs publics devraient prendre en compte fiscalement le manque de liquidité de ce placement. |
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Ce nest pas une bonne chose de pousser les Français à acheter un bien immobilier pour des raisons fiscales. Regardez aujourdhui, tous les propriétaires qui ont acheté des studios en loi Méhaignerie et qui ne peuvent pas les revendre car ils sont souvent mal situés ! Il faut prendre des mesures générales, pas des mesures ponctuelles ou dérogatoires. Je déconseille fortement à mes clients de « faire » de la défiscalisation pure, du type de celle dont bénéficient les investissements dans les DOM-TOM. Si la fiscalité française était moins lourde et moins pernicieuse, on naurait pas besoin de telles mesures. |
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La personne qui achète un bien immobilier en passant par les lois Méhaignerie, Périssol ou Besson, na pas une âme de bailleur et veut avant tout bénéficier dune défiscalisation, puis revendre son bien. Ce nest pas comme cela que lon résoudra le problème du logement dans notre pays. |
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Argent improductif |
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Cest incroyable de voir tout largent improductif placé dans les plans dépargne logement ! Aujourdhui, les particuliers qui mettent de largent sur un plan dépargne logement ne recherchent que des taux de rendement satisfaisants et nont souvent pas lintention dinvestir dans limmobilier. Il faut modifier cette situation et contraindre les détenteurs de plans à lacquisition ou aux travaux immobiliers et retrouver des taux dendettement plus attractifs. |
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Le délai de vingt-deux ans est absurde. A lorigine, les plus-values immobilières nétaient taxées que pendant cinq ans après lacquisition dun bien car on considérait que, sil était conservé plus de cinq ans, le bien immobilier navait pas été acquis à des fins spéculatives. |
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Aujourdhui, cest un frein à la fluidité du marché. Il faudrait retrouver un délai de dix à douze ans car il serait raisonnable quaprès une telle période, on puisse effectuer des arbitrages patrimoniaux non taxés. On peut aussi imaginer des exonérations sous condition de réemploi dans limmobilier ou de départ à la retraite. |
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Les biens immobiliers sont les biens que les héritiers vendent en premier lors dune succession. Ils cèdent les actions pour régler les droits de succession et ne conservent pas dindivision sur les logements locatifs afin déviter les aléas dune telle situation. Ma proposition serait que lon exonère des trois quarts des droits de succession tous les biens locatifs reçus en héritage sous réserve de leur maintien en location pendant neuf ans environ. Cela me semblerait de nature à réduire lhémorragie actuelle du parc locatif. |
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Oui, la disparition du parc locatif privé, qui nest pas un phénomène purement parisien, est extrêmement préoccupante. Il faut absolument réduire le désengagement des propriétaires bailleurs car leur rôle est essentiel dans le logement des Français. |
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Les gens sont très attachés à la propriété immobilière. Il faut en profiter pour les drainer vers limmobilier car le secteur public ne pourra pas financer tout seul la remise en état du parc locatif quil faut, pour partie, détruire et reconstruire. Or le parc privé héberge les trois quarts des ménages dont les revenus sont inférieurs à 16 000 euros par an. Il a donc un rôle social important. |
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Cest pour cela que je propose que lon distingue clairement trois types de parcs de logements : le parc purement privé qui serait normalement taxé, un parc conventionné, pour lequel un propriétaire privé pourrait opter en respectant certaines conditions, et en bénéficiant en contrepartie dune moindre taxation par exemple, une exonération au moins partielle de limpôt sur la fortune et un Parc purement social, destiné à loger les plus pauvres. |
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| Huit lois en vingt ans | ||
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En vingt ans, il y a eu huit lois modificatives de la règle locative, parfois avec des dispositions insensées ! On a dénaturé léquilibre du contrat de base entre le propriétaire et le locataire, qui était satisfaisant en 1989, à lissue de la loi Méhaignerie. On aurait dû sarrêter là ! Au lieu de cela, on a, par exemple, obligé le propriétaire à apporter la preuve quil na pas discriminé un locataire en raison de sa couleur ou de son sexe. On a institué une taxe sur les logements vacants. Pire encore, la simple exécution des décisions de justice concernant le non-maintien dans les lieux de locataires na pas été assurée |
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Le propriétaire-bailleur a besoin de règles claires, simples, durables, dans lesquelles il se retrouve avec des droits et obligations partagés avec le locataire. |
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