Le logement à Paris, un
placement gagnant sur cent ans

Auteur
Sandrine BENAÏM
 
Jean-Michel BOUSSEMART
 
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Létude comparative des rendements des différents placements que vient de réaliser Rexecode révèle que le logement à Paris est linvestissement le plus performant sur cent ans. Au cours des vingt-sept dernières années toutefois, le placement actions lemporte sur le logement mais pas sur les bureaux en Ile-de-France. |
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Bien que les performances passées ne puissent préjuger de celles à venir, savoir comment dans le passé les rendements des différents placements se sont comportés est éclairant pour linvestisseur. Nous avons mesuré la rentabilité dun placement immobilier aussi bien en logement quen bureau que nous avons comparée à la rentabilité des placements financiers actions, obligations, marché monétaire et dun placement en or. Les calculs ont été menés sur lensemble du xxe siècle. Ce nest quà partir de 1974 que nous avons pu prendre en compte limmobilier de bureau, faute de données disponibles avant cette date. |
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Un peu de méthodologie |
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Pour mesurer la performance réelle de différents placements à travers le temps, il faut tenir compte de la dépréciation du pouvoir dachat de la monnaie, et raisonner en monnaie à pouvoir dachat constant. Nous avons déflaté le prix des actifs et les revenus tirés de ces actifs par lindice des prix à la consommation de lInsee. |
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Pour que la comparaison des performances soit correctement faite, il faut tenir compte à la fois du prix des différents actifs et des revenus annuels quils procurent : loyers pour les logements et les bureaux, dividendes pour les actions, intérêts reçus pour les placements obligataires ou monétaires. On a fait lhypothèse que les revenus annuels perçus étaient systématiquement réinvestis dans le même actif ayant procuré ces revenus. Les rentabilités sont mesurées avant impôt. |
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Les données de base pour mener à bien nos calculs sont tirées des travaux de Jacques Friggit pour ce qui est des prix des logements et des loyers à Paris, publiés dans Prix des logements, produits financiers immobiliers et gestion des risques (Editions Economica, 2001). Lactualisation pour 2000 et 2001 a été opérée par nos soins à partir des indices de prix des logements notaires-Insee et des indices Insee des loyers à Paris. Pour ce qui est des prix et des loyers de bureaux en Ile-de-France, nos données proviennent du cabinet Insignia-Bourdais. Les données relatives aux taux dintérêt, aux cours et au rendement des actions et aux cours de lor viennent de lInsee ou de la Banque de France. |
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La rentabilité de limmobilier résidentiel à Paris depuis 1901 |
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En francs à pouvoir dachat constant, le prix moyen dun logement à Paris a été multiplié par 2,2 entre 1901 et 2001. La hausse na pas été continue. Pratiquement stables jusquà la veille de la Première Guerre mondiale, les prix vont ensuite baisser lourdement jusquen 1920. Suit alors une période de rebond qui va durer quinze ans, mais qui ne permettra pas deffacer la chute antérieure (au sommet, soit en 1935, la décote est encore de 40 % par rapport aux prix davant 1914). Survient alors une nouvelle vague de baisse qui va durer quinze ans également pour se terminer en 1950. À cette époque, le prix dun logement à Paris est de plus de 90 % inférieur à ce quil était au tout début du siècle. La loi de 1948 va mettre fin à cette baisse et redonner du souffle au marché. |
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Il faudra attendre quinze ans (1965) pour que le prix retrouve son niveau de 1901. Au-delà, la hausse va se poursuivre à un rythme plus modéré, qui va violemment saccélérer à partir de 1985. Un record absolu est inscrit en 1990 où le prix se trouve multiplié par 2,7 par rapport à 1901. Le dégonflement de la bulle immobilière va durer sept à huit ans et ramener en 1998 les prix de limmobilier à leur niveau de 1987. La reprise de ces trois dernières années a pratiquement permis de retrouver les niveaux de la fin de la décennie 1980. Au total, à travers damples fluctuations sétalant sur plusieurs lustres, le prix dun logement à Paris aura augmenté en moyenne de 0,8 % par an en terme réel sur ces cent ans. |
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Si lon ajoute à lévolution des prix celle des loyers nets de charges que lon réinvestit et en tenant compte aussi des frais de mutation, il savère quun franc investi en 1901 vaudrait aujourdhui plus de 46,4 francs en termes réels de sorte que, sur ces cent ans, la rentabilité annuelle moyenne de ce placement ressort à 3,9 %. Cette tendance longue recouvre évidemment des disparités temporelles. De 1901 à 1960, la valeur totale du placement est restée pratiquement stable. Au-delà, elle augmente lentement jusquau début des années quatre-vingt avant de connaître un boom entre 1984 et 1990 (+ 13,7 % par an en moyenne). Ce boom est suivi dune chute (- 30 % de 1991 à 1997) qui a fait place depuis trois ans à une remontée. En 2001, le record de 1990-1991 est dépassé. Sur ces trois dernières années, la performance est analogue à celle observée au cours du boom des années quatre-vingt. |
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La rentabilité de limmobilier de bureau en Ile-de-France |
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Selon les données fournies par le cabinet Insignia-Bourdais, et disponibles depuis 1974, la hausse réelle des prix du mètre carré de bureau en Ile-de-France a été denviron 36 % sur ces vingt-sept dernières années. On observe en fait deux cycles. Le premier qui va de 1974 à 1989-1990 enregistre dabord une baisse qui durera jusquen 1982. Au-delà sensuit une période de hausse vigoureuse qui va porter les prix à un niveau record en toute fin de décennie. Le deuxième cycle, qui a démarré au début des années quatre-vingt-dix et qui nest peut-être pas terminé en 2001, voit dabord les prix reculer jusquen 1996 vers des niveaux inférieurs à ceux de 1982. Depuis, les prix se redressent mais nont pas encore retrouvé en 2001 leur plus haut de 1989. En tenant compte des loyers, dont la hausse réelle a été globalement nulle de 1974 à 2001, la valeur globale dun placement en immobilier de bureau en Ile-de-France sest accrue au rythme annuel moyen de 8 % sur ces vingt-sept dernières années. |
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Si lon compare le placement de bureau en Ile-de-France à celui en logement à Paris, on constate que les prix des logements ont un peu plus monté que ceux des bureaux. Mais en tenant compte des loyers plus élevés pour les bureaux, il apparaît que le placement de bureau a été plus profitable que celui en logement avec un taux de rendement annuel moyen de 8 % contre 4,2 %. |
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| La rentabilité de limmobilier comparée à celle dautres actifs | |||||||||
A lexception de périodes fortement troublées comme celles des guerres ou comme celles où linflation sest fortement accélérée, la performance des placements en or est décevante. Ce placement, il est vrai, ne procure pas de revenu. Cest le placement en actions avec réinvestissement des dividendes qui se révèle le plus performant, surpassant nettement les placements obligataires et ceux sur le marché monétaire. Les placements sur les instruments de taux ont souffert sur la majeure partie du siècle passé de linflation. Sur la période récente, ce nest que depuis 1983-1984 que les obligations dégagent un rendement positif. |
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Sur lensemble du xxe siècle, le placement en immobilier résidentiel à Paris a été plus profitable que le placement en actions. Sa valeur réelle se trouve multipliée par 46,4, alors que celle du placement en actions lest par 22,3. Il est vrai quen termes réels, les cours des actions à Paris en 2001 sont à peine différents de ceux relevés en 1901. Bien sûr, selon les périodes les résultats diffèrent, notamment sur ces vingt-sept dernières années où le marché des actions a « surperformé », profitant de lenvolée enregistrée de 1995 à 2000. Néanmoins, sur cette même période, et malgré la crise intervenue dès le début des années quatre-vingt-dix, le placement en bureaux en Ile-de-France a fait aussi bien que le marché des actions, rattrapant récemment ce dernier qui a subi en 2001 le dégonflement de la bulle des valeurs technologiques. |
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Les
principales conclusions sont les suivantes. Sur ces cent dernières
années, cest le placement en logement à Paris qui
sest révélé le plus performant, dépassant
largement la rentabilité dun placement en actions, et a fortiori
en obligations, ou sur le marché monétaire ou dun
placement en or. Sur ces vingt-sept dernières années, la
hiérarchie est différente. Le placement en actions lemporte
sur celui en logement dans la capitale, mais le placement en immobilier
de bureaux en Ile-de-France fait aussi bien que le placement en actions,
qui lemporte toujours sur le placement obligataire ou monétaire
ou sur lor.