L’immobilier résidentiel : un actif efficace de diversification des patrimoines

Auteur
André BABEAU
 
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Lanalyse sur longue période de lévolution des placements mobiliers et immobiliers des ménages laisse présager un accroissement sensible de leurs actifs résidentiels de rapport dans la prochaine décennie. |
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Les éléments de comptabilité patrimoniale dont nous disposons ne nous permettent pas de remonter très loin en arrière dans lhistoire de notre pays. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, on sait cependant que le patrimoine des ménages était pour près des trois quarts composé dactifs non financiers (logements, terrains à bâtir, terres de culture, forêts, machines et équipements des entrepreneurs individuels) et pour un quart seulement dactifs financiers (dépôts bancaires, valeurs mobilières, créances sur les sociétés dassurance). Cette proportion ne semble pas avoir beaucoup changé jusquà la fin des années cinquante. |
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Au cours de la décennie qui a suivi, la part du patrimoine financier des Français a commencé de saccroître et, au début des années soixante-dix, elle sapprochait du tiers du patrimoine total. Les années 1970-1985 ont été marquées par une stabilisation, voire par un certain reflux, de cette part un peu au-dessous de 30% : ce sont les années des deux crises pétrolières et des nationalisations de 1982. |
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A partir du milieu de la décennie quatre-vingt, la financiarisation de léconomie est en marche et la part du patrimoine financier reprend son ascension dans le patrimoine des ménages, en dépit des fluctuations entraînées par les secousses boursières de 1987 et de 1990. Il est vrai que limmobilier européen et même mondial connaît de son côté, entre 1991 et 1994, sa première grande crise internationale. Toujours est-il quà la fin de la décennie quatre-vingt, le patrimoine financier dépasse déjà assez nettement les deux cinquièmes du patrimoine total. |
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Environ dix ans plus tard, en 1998, à la suite dune très bonne année boursière, le patrimoine financier dépasse la moitié du patrimoine total et il frôle même apparemment les 54% à la fin de 1999, autre très bonne année boursière(1). Avec les années 2000 et surtout 2001, nettement moins favorables en ce qui concerne lévolution du prix des actions, la proportion du patrimoine financier dans le patrimoine total a dû retomber aux alentours de la moitié. |
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Ces évolutions macro-économiques sont la résultante des variations de valeur des actifs et des changements dans les choix de placement de la part des particuliers : cest la fameuse distinction prix-volume chère aux économistes. On peut donc isoler en comptabilité nationale ce qui relève des comportements des particuliers lors de lacquisition dactifs mobiliers ou immobiliers. Mais on verra que cette approche comporte de sérieuses limites et quelle demande donc à être complétée par dautres éclairages. On reviendra par ailleurs sur les évolutions de prix des actifs dont il devra évidemment être tenu compte lors du calcul des rendements des différents types de placement. |
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Placements financiers et investissements « physiques » |
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La comptabilité nationale fournit certaines indications globales sur le poids relatif des placements financiers et non financiers réalisés par les ménages et financés, soit par leur épargne, soit par recours au crédit. Les placements financiers correspondent aux flux nets dacquisitions (achats moins ventes) ou de dépôts sur les différents types de placements financiers possibles. On signalera ici que les achats de titres de SCPI ou de sociétés foncières cotées, qui sont à la frontière entre placements financiers et placements non financiers, sont assimilés par la comptabilité nationale à des achats de valeurs mobilières et donc comptés dans l« agrégat » placements financiers. |
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Les investissements physiques correspondent à la formation brute de capital fixe (FBCF) des ménages qui se décompose en investissements dans les logements et en investissements dans les entreprises individuelles, les premiers étant nettement majoritaires. On rappellera que les investissements dans le logement se décomposent eux-mêmes en travaux réalisés pour lentretien et lamélioration de ces logements forme de placement comme une autre et les achats et les constructions de logements neufs. Les achats de logements anciens, sur lesquels on reviendra plus loin car ils sont fort importants, et les terrains acquis à loccasion de lachat dun logement neuf ne font pas partie de la production nouvelle de logements et, de façon tout à fait légitime, ne figurent donc pas en « emploi » dans le compte de capital des ménages(2). |
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Investissements traditionnels |
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Tels quils sont ainsi définis, les rapports existant entre placements financiers et placements non financiers ont évolué au cours de la seconde moitié du XXe siècle : jusquà la fin des années soixante, les investissements des particuliers restent supérieurs à leurs placements financiers : on est en effet encore dans les années de croissance assez rapide du parc de logements et les formes de placements financiers des Français restent très traditionnelles ; lassurance vie, en particulier, est alors un placement tout à fait marginal. |
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Au cours des douze années qui suivent, un certain équilibre sétablit entre les deux flux de placements financiers et non financiers : lun et lautre représentent chacun quelque 12 à 13% du revenu disponible des ménages, ce qui est considérable. |
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A partir de 1984-1985, cest un nouveau paysage qui apparaît : en termes de revenu disponible, les deux pourcentages diminuent, mais la baisse des investissements est beaucoup plus forte que celle des placements financiers ; ces derniers en effet représentent encore entre 9 et 10% du revenu disponible des ménages, alors que le flux dinvestissement brut se situe dans lintervalle de 7 à 8%(3). Cest que, dune part, le parc de logements a été entièrement renouvelé depuis la guerre et que, dautre part, sa croissance sest considérablement ralentie après larrivée en âge dactivité des générations du baby-boom. |
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Travaux en hausse |
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Alors que le parc des résidences principales croissait jusquau milieu des années soixante-dix à un rythme compris entre 1,8 et 2% par an, ce taux entre 1990 et 2000 nest plus que de 1,3%. Ce fort ralentissement a deux conséquences : dune part les investissements « logement » à réaliser deviennent globalement moins importants, dautre part, au sein de ces investissements logement, la part des logements neufs reflue au profit de travaux dont le poids saccroît avec le vieillissement progressif du parc. |
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Au total, lévolution des comportements des ménages est bien une des causes de lévolution de la composition du patrimoine total des ménages commentée plus haut : la croissance de la part du patrimoine financier est due, au moins pour partie, à des placements financiers qui, depuis quelque quinze ans, sont nettement supérieurs aux investissements bruts réalisés par les ménages. La disparité qui a été signalée serait dailleurs encore beaucoup plus prononcée si, comme il se doit dans lanalyse de laccumulation patrimoniale, au lieu de linvestissement brut de lamortissement (ce que les comptables nationaux appellent la « consommation de capital »), nous faisions intervenir le seul investissement net. |
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A cette explication par les volumes, il faut adjoindre une explication qui passe par les prix : entre 1985 et 2000, les plus-values financières ont en effet été beaucoup plus importantes que les plus-values non financières et elles ont donc, elles aussi, contribué à la forte augmentation de la part du patrimoine financier dans le total. |
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Mais létude macro-économique du secteur des ménages en comptabilité nationale est évidemment très insuffisante pour nous permettre de comprendre leurs comportements en matière de choix de placements et dinvestissement. La dimension « cycle de vie » ne peut plus être ignorée. Les enquêtes auprès des ménages permettent au moins den esquisser linfluence. |
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| La structure du patrimoine au cours du cycle de vie | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le cycle de vie des particuliers, depuis leur entrée dans la vie active jusquà leur disparition, est une dimension très importante de lanalyse des préférences en matière de choix de placements, en prenant le terme « préférence » dans une acception très large. En début de cycle de vie, chez les moins de trente ans, le patrimoine non financier ne dépasse guère les deux cinquièmes du patrimoine total ; les patrimoines par ménage sont certes modestes, mais la propriété du logement principal est nettement minoritaire et les actifs professionnels ne sont pas bien importants. Le patrimoine financier comprend souvent un plan dépargne-logement qui sera peut-être utilisé ultérieurement pour obtenir un crédit, des produits traditionnels tels que les livrets et, depuis peu, lamorce dun portefeuille de valeurs mobilières (à partir de 1998-1999, beaucoup de jeunes ont ouvert un PEA, pour « prendre date »). |
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Lâge moyen de la première propriété du logement est, chez nous, aux alentours de trente-cinq ans. Cela veut dire que, dans la tranche dâge correspondante celle dont le chef de ménage est âgé de trente à quarante ans la proportion des actifs non financiers sélève fortement pour atteindre pratiquement les deux tiers du patrimoine total, brut dendettement. En fait, par le biais de lapport personnel, le logement acquis sest substitué à des actifs financiers ; il nest pas étonnant que ceux-ci soient alors réduits à la portion congrue. |
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Au cours des années suivantes, lépargne du ménage sert souvent principalement, voire exclusivement, au remboursement des emprunts souscrits à loccasion de lachat du logement. Du point de vue de la composition des patrimoines bruts, la situation reste donc pratiquement sans changement chez les quarante à cinquante ans. |
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Chez les cinquante à soixante ans, on commence à voir samorcer une remontée de la part du patrimoine financier : les patrimoines moyens deviennent plus importants parce que lépargne du ménage sert de moins en moins à rembourser des dettes et de plus en plus au contraire à accumuler de nouveaux actifs au-delà de la résidence principale. Il se trouve que très souvent ces actifs sont de nature financière (contrats dassurance vie, parts de fonds dinvestissement, etc.). |
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A partir de soixante ans, cette tendance saccentue fortement : en évolution dynamique, le patrimoine moyen continue de croître(4) et même si certains investissements non financiers ont lieu (achat dimmobilier de rapport), les placements financiers restent majoritaires. Il y a aussi certaines reventes de logements devenu surdimensionnés au profit de familles plus jeunes avec enfants. Bref, au-delà de soixante-dix ans, la part des actifs non financiers dans le patrimoine total tombe, en moyenne, sensiblement en deçà des deux cinquièmes. |
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Cette revente de logements anciens est, pour nous, loccasion dinsister sur limportance de ces transactions fréquemment conclues entre des plus de soixante ans et des moins de quarante ans : cest en fait le passage dune génération à lautre. Et ce passage est maintenant souvent loccasion de la primo-accession à la propriété du logement pour la jeune génération. Il y a quelque quinze à vingt ans, la primo-accession se faisait encore largement par lintermédiaire des logements neufs. Cest beaucoup moins vrai aujourdhui où ces logements neufs sont globalement moins nombreux quhier et où les primo-accédants se laissent souvent séduire par des logements individuels anciens. Cela est particulièrement vrai, par exemple, dans une région comme le Nord - Pas-de-Calais dont le parc est, pour beaucoup, composé de logements individuels. |
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Si lon veut situer plus précisément limportance relative de ces flux de logements anciens, on peut observer quen 2000, par exemple, les achats de logements neufs (y compris le foncier) par les ménages nont pas dépassé 41 milliards deuros, alors que les acquisitions de logements anciens atteignaient pratiquement 68 milliards(5). Ce sont maintenant ces acquisitions de logement anciens qui expliquent, pour une bonne part, la croissance de la proportion dactifs non financiers dans le patrimoine total entre trente et cinquante ans. |
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Il est temps maintenant de serrer les choses de plus près et denvisager le logement comme placement comparé à dautres types de placements et, en particulier, à des placements financiers. |
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Limmobilier comme placement |
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Naturellement, lors de lacquisition de la résidence principale, les considérations concernant la valeur future du bien ne sont jamais totalement absentes : tout acquéreur souhaite évidemment, sil le souhaite ou sil y est contraint, pouvoir revendre son logement dans les meilleures conditions possibles. Symétriquement, il arrive que les considérations familiales ne soient pas absentes de lacquisition dun logement quon envisage de donner à bail : cela peut être le logement que lon se réserve pour la période de retraite ou celui que lon donnera, le moment venu, à lun de ses enfants. On peut tout de même penser que, dans ce second cas, le calcul en ce qui concerne le rendement courant du bien comme ses perspectives de plus-values se fait plus précis que dans le premier. |
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Que représentent les logements donnés à bail dans le patrimoine des ménages ? Plus précisément, dans leur patrimoine de rapport ? Quel rendement peut-on lui associer ? Sur un parc de résidences principales qui dépasse les 24 millions à la fin de 2000, les ménages en détiendraient un peu plus de 13 millions pour les habiter eux-mêmes et seraient en outre propriétaires denviron 4,6 millions de logements quils donnent à bail : ces logements ont comme caractéristiques dêtre souvent moins grands que les logements occupés par leurs propriétaires et dêtre situés dans des agglomérations moyennes ou grandes, là où la demande de locations est censée être importante. |
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Dans les comptes de patrimoine, à nouveau publiés par lInsee en 2001(6), figure, pour le secteur des ménages, une valorisation séparée des logements (près de 1 700 milliards deuros fin 2000) et des terrains bâtis (un peu moins de 800 milliards deuros). Soit environ 2 500 milliards deuros qui représentent près des deux cinquièmes du patrimoine total des ménages en cette fin dannée 2000. Mais entre 1994 et 2000, cette part a tout de même perdu près de six points de pourcentage en raison du très bon comportement du patrimoine financier. |
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Il est évidemment très intéressant dessayer de situer le patrimoine immobilier de rapport dans lensemble du patrimoine résidentiel des ménages. |
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Malgré lexistence du Compte satellite du logement qui contient dintéressantes informations, on ne dispose malheureusement pas dune décomposition de ce patrimoine résidentiel selon les différents types de logements détenus : logements donnés à bail, résidences principales occupées par leurs propriétaires, résidences secondaires, logements ayant un autre statut. |
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Stabilisation des propriétaires-occupants |
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En nombre de logements donnés à bail par des personnes physiques(7), lévolution depuis la Deuxième Guerre mondiale a été contrastée : on a dabord assisté à une longue période de reflux qui sexplique aussi bien par la progression de la proportion de propriétaires occupants que par la forte augmentation du parc locatif social. Cette période semble sêtre achevée à la fin des années quatre-vingt avec un minimum dun peu moins de 3,8 millions de logements possédés par des bailleurs personnes physiques sur un parc total de 21,2 millions de résidences principales, soit un peu moins de 18% de ce parc. Au cours de la décennie suivante (1990-2000), la proportion de propriétaires occupants dans le parc de résidences principales se stabilise entre 54 et 55% et la progression du parc locatif social nest plus que de 1,4% en moyenne annuelle. On assiste alors à un rebond du nombre de logements possédés par des bailleurs personnes physiques : sur dix ans, la progression est de 1,8% par an, pour terminer, fin 2000, à un peu moins de 4,6 millions de logements. |
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Les données physiques sont une chose, leur valorisation en est une autre. |
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En utilisant diverses informations, notamment celles que lon peut tirer de lObservatoire du financement du logement du CREP/TMO et le traitement quen fait Michel Mouillart dans le cadre du modèle Despina, on peut avec prudence tenter de chiffrer les différentes composantes de ce parc dans le cadre de la valeur totale fournie par lInsee. Si lon retient une valeur moyenne dun peu moins de 69 000 euros pour ces logements de rapport, on obtient, à la fin de 2000, un montant global de ce parc denviron 300 milliards deuros, soit près de 13% des actifs résidentiels des ménages et plus de 5% de leur patrimoine total. |
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A ce niveau, on a affaire à un encours qui est
supérieur à celui de lensemble des placements à
vue des ménages (livrets fiscalisés et défiscalisés,
environ 270 milliards), à celui de leur épargne contractuelle
(PEL et PEP, quelque |
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En détenant un montant aussi élevé de logements donnés à bail, les Français commettent-ils une lourde erreur dans leur choix de placements ou réalisent-ils une diversification raisonnable de leurs actifs de rapport ? |
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Le logement locatif sur la courbe rendement/risque |
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Il nest certes pas facile de donner une réponse unique à une telle question : le calcul du rendement doit évidemment être effectué en tenant compte non seulement du revenu courant, mais aussi de lévolution de la valeur du capital. Or on sait que les indices de prix concernant le logement nont pas toujours la représentativité que lon souhaiterait. |
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En outre, en matière de logement, la géographie
est souvent à lorigine dune hétérogénéité
que lon a du mal à contrôler : les performances enregistrées
à Paris sont souvent différentes de celles qui sont observées
dans le reste de |
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Enfin, la période de référence choisie est évidemment dune extrême importance : en découpant des périodes relativement courtes, cinq ou même dix ans, on peut faire apparaître des performances très favorables ou, au contraire, très défavorables. Cela nous oriente vers des observations couvrant des périodes longues de vingt ou même trente ans, dont il restera évidemment à montrer quelles sont conformes aux comportements des ménages dans ce domaine. |
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Sur une période de quinze ans (1985-2000), IPD (Indice de limmobilier dinvestissement) fait apparaître pour limmobilier résidentiel un rendement nominal global (revenu courant net et valorisation du capital) de 5,7% avec un écart-type de 6,6%. Sur la même période, le rendement global des obligations ressort à plus de 9% avec un écart-type qui semble du même ordre de grandeur que celui du logement : les obligations ont donc largement sur-classé les actifs résidentiels. |
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Mais la comparaison est évidemment biaisée par les spécificités de la période : crise de 1991-1993 pour limmobilier et baisse des taux dintérêt au cours de la décennie 1990 qui est à lorigine de gains en capital importants pour les portefeuilles obligataires. |
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Sur une période de trente ans, nous ne disposons malheureusement pas des performances de limmobilier résidentiel. On peut tout de même essayer destimer un rendement de longue période à partir des deux observations suivantes. Dabord, à partir des informations récentes publiées par IPD, il semble que le rendement locatif net de limmobilier résidentiel sest stabilisé autour de 4% lan, variant dans une bande située entre 3,5 et 4,5%. Les calculs menés par Jacques Friggit(8) aboutissent, par ailleurs, à la conclusion que le prix moyen des logements évolue, sauf situation exceptionnelle, comme le revenu disponible par ménage : or le revenu disponible global des ménages augmente, depuis que linflation a été maîtrisée, entre 4 et 4,5% par an et le nombre de ménages croît encore chaque année dun peu plus de 1%. On parvient donc à un revenu nominal en capital qui est compris entre 3 et 3,5%. En sen tenant au centre des intervalles, le rendement global nominal du patrimoine résidentiel sétablirait donc un peu au-dessus de 7%. Dans une estimation portant sur le rendement des SCPI, Guy Marty(9) parvient à un rendement nominal de longue période (1972-2000) de 8,7% ; mais beaucoup de SCPI sont investies en immobilier professionnel. |
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Placements peu risqués |
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Avec un rendement global autour de 7% pour limmobilier résidentiel, on est au-dessus du rendement facial des obligations à dix ans correctement notées et probablement aussi au-dessus du rendement des OPCVM obligataires de longue période. Il est dautre part vraisemblable que lécart-type mesure du risque du rendement de limmobilier résidentiel est aussi un peu plus élevé que celui qui caractérise les placements obligataires ; mais avec un rendement global et un risque plus élevés que les obligations, cela positionne les actifs résidentiels assez normalement sur la frontière efficace des placements, plutôt dans le groupe de produits considérés comme peu risqués. |
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Pour terminer sur la période la plus récente, lannée 2000 et plus encore lannée 2001 ont évidemment été deux bonnes années pour limmobilier résidentiel avec des rendements globaux qui sont revenus aux alentours de 9%, alors que lindice CAC40 se tassait quelque peu en 2000 et refluait de 22% en 2001. |
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Nous sommes en train de réapprendre que la croissance des économies de marché est, pour de multiples raisons, cyclique et que le cycle immobilier a, en général, un calendrier qui est différent de celui des business cycles : la corrélation est donc faible entre le rendement du placement résidentiel et ceux des placements financiers. |
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Au total, sur longue période équivalant à peu près à une génération , limmobilier résidentiel apparaît donc, malgré les difficultés pour trouver les bonnes références, comme un actif assez efficace de diversification des patrimoines. Il en résulte que les ménages pourraient, dans certaines conditions, accroître sensiblement leurs actifs résidentiels de rapport. |
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Si tel était le cas, au cours de la prochaine décennie, même en labsence daugmentation de la proportion de propriétaires occupants, la décroissance de la part des actifs résidentiels dans le patrimoine total pourrait être nettement freinée par rapport à lévolution observée au cours de la dernière décennie. Si, au surplus, la proportion de propriétaires occupants recommençait à croître pour se rapprocher de 60%, cette part pourrait même se stabiliser. |
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| (1)
Ces observations reposent sur les comptes publiés à ce jour.
Il nest pas impossible quune prochaine révision à
la baisse des postes « actions non cotées » et «
autres participations » diminue sensiblement pour la période
1995-2000 la part du patrimoine financier dans le patrimoine total. (2) Les frais dacquisition des logements anciens (commission dagence, frais de notaire, droits denregistrement) font tout de même partie de la FBCF logement des ménages. (3) En grandeurs absolues, en 2000, par exemple, le montant des placements financiers des ménages sest élevé à plus de 100 milliards deuros, cependant que leurs investissements bruts étaient de lordre de 80 milliards. (4) Ce qui évidemment est en totale contradiction avec le cycle de vie des ménages tel quon pouvait encore le décrire dans les années cinquante, avec un taux dépargne qui devenait négatif au moment de la cessation dactivité (Franco Modigliani). A cette date, les dispositifs obligatoires de protection vieillesse nétaient pas encore montés en régime et le passage à la retraite se traduisait alors par une très forte perte de pouvoir dachat qui expliquait la « consommation » du patrimoine. (5) Hors travaux réalisés au moment de ces acquisitions. (6) « Comptes nationaux, Rapport sur les comptes de la nation 2000 », Insee Résultats, n° 743, juin 2001. (7) Les références sont ici tirées du modèle Viperes construit par Michel Mouillart (université de Paris X-Nanterre). (8) Prix des logements, produits financiers immobiliers et gestion des risques, par Jacques Friggit, Editions Economica, septembre 2001, 380 pages. (9) « Investissements, trois décennies de performances : 1972-2000 », par Guy Marty, Réflexions immobilières, n° 31, octobre 2001. |
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